Benyamin Nétanyahou, privé du soutien de Donald Trump, cherche à se relancer

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Manifestation de soignants devant le bureau du Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou à Jérusalem le 21 janvier 2021.

Voilà dix-sept jours que Benyamin Nétanyahou attend un coup de fil de la Maison Blanche. Le président démocrate, Joe Biden, prend son temps. Israël n’est pas une brûlante priorité depuis qu’il a pris ses fonctions, le 20 janvier. La relation entre Etats n’est pas en danger, mais le temps de la fusion entre la droite israélienne et l’administration Trump a passé. Le premier ministre Nétanyahou doit s’ajuster, à l’approche des élections législatives du 23 mars, pour lesquelles les partis israéliens ont déposé, jeudi 4 février, leurs listes de candidats.

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C’est la première fois en deux ans et quatre scrutins que M. Nétanyahou joue son siège sans l’appui de l’ex-président républicain. Comme un hommage posthume au trumpisme, il a choisi pour diriger sa campagne un ancien du site ultranationaliste américain Breitbart News, Aaron Klein. Ce jeune homme orchestrera la suite de la confrontation du premier ministre avec la justice et « l’Etat profond » israéliens, alors que la phase d’audience de son procès pour corruption doit s’ouvrir le 8 février.

« Janvier noir »

Il y a quelques semaines encore, M. Nétanyahou pouvait envisager ce scrutin avec une relative confiance. Son gouvernement mène la campagne de vaccination contre le Covid-19 la plus rapide au monde. D’ici à la fin mars, il escompte que la majorité de la population aura reçu une seconde dose de vaccin.

Benjamin Netanyahu reçoit la deuxième dose du vaccin contre le Covid-9 au centre médical Sheba à Ramat Gan, Israël, le 9 janvier 2021.

Avec l’aide de Washington, M. Nétanyahou a engagé, depuis l’été 2020, une normalisation historique des relations d’Israël avec plusieurs pays arabes – les Emirats arabes unis et Bahreïn, le Soudan et le Maroc. Las, il lui a fallu encore reporter une visite à Abou Dhabi, alors que son gouvernement prolongeait, jeudi, un troisième confinement.

Benyamin Nétanyahou est critiqué pour une gestion politique de l’épidémie, qui peine à s’inscrire dans la durée

Depuis décembre, cette claustration n’a en rien endigué l’épidémie. L’humeur nationale est basse. La presse israélienne nomme « janvier noir » cette période, inédite par le nombre de morts (plus de 5 000 depuis 2020) et pour le taux d’infections, qui demeure parmi les plus élevés au monde. M. Nétanyahou y voit une course entre le vaccin et le variant britannique massivement présent dans le pays. Mais il est critiqué pour une gestion politique de l’épidémie, qui peine à s’inscrire dans la durée.

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Refus de blâmer les ultraorthodoxes

Le premier ministre refuse de se joindre à ses concurrents pour blâmer la communauté juive ultraorthodoxe, rebelle pour une large part au confinement. Fin janvier, des émeutes ont eu lieu dans leurs villes contre la police. Ces images ont ravivé la vieille discorde religieuse d’Israël. Selon un récent sondage publié par la douzième chaîne, 61 % des électeurs ne veulent pas voir les partis ultraorthodoxes rejoindre le prochain gouvernement.

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