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En août dernier, Sonny Janssens, 27 ans, et sa compagne Marceline Eydens, 20 ans, devenaient les heureux parents de leur deuxième enfant, Montevallo. La petite famille résidant à Wellen vivait sur un nuage lorsque le malheur l’a frappée de plein fouet et à deux reprises. En quatre mois, le couple a perdu deux enfants dans deux drames distincts.
Le 2 novembre dernier, Sonny et sa fiancée Marceline ont vécu un premier déchirement. “Nous avons couché notre fils dans son lit, ce soir de novembre, et à l’aube le lendemain, nous avons constaté qu’il ne se réveillait plus. Cela a évidemment été un choc terrible, sur lequel nous pouvons difficilement mettre des mots. En marge de ce drame, une enquête a été ouverte. Cela a fait peser sur nous des accusations qui ont alourdi un peu plus encore notre douleur”, soupire le père.
“Comme une lueur d’espoir dans le deuil”
Juste après ce drame, Marceline découvre avec surprise qu’elle est retombée enceinte. Le choc est grand, mais met un peu de baume au cœur du couple entre les larmes versées. Dans son deuil, une étincelle d’espoir. “C’était symbolique, comme si nous avions dû donner une vie, mais qu’une nouvelle nous était offerte”, expliquent les parents à Het Laatste Nieuws. Alors qu’ils pensent alors prudemment que leur fils revivra un peu dans ce nouvel enfant à naître, ils attendent pour annoncer la nouvelle à leurs proches. “Ce n’est qu’à la Saint-Valentin que nous avons fait part de la grossesse à notre entourage. Tout semblait alors bien se dérouler”, relate Marceline.
“Nous avons entendu son cœur battre quelques instants”
Mais le 21 février, la future maman commence à perdre du sang. Peu après, l’accouchement se déclenche… mais bien trop tôt. “À cet instant, tout nous est revenu. Nous ressentions la même panique que ce matin de novembre où nous avons trouvé Montevallo sans vie dans son berceau. Peu après sa naissance, nous avons entendu le petit cœur de Clémentine battre. Malheureusement, cela n’a pas duré, elle était trop petite pour venir au monde”, confie la mère.

“Un jour, on lui expliquera qu’elle a perdu un frère et une sœur”
Aujourd’hui, le couple est brisé. La tristesse et l’angoisse prédominent désormais même si leur fille aînée, Peaches, est heureusement en pleine santé. Du haut de ses deux ans, elle est encore trop jeune pour saisir la portée du double drame qui a détruit ses parents. Mais avec son sourire et son langage naïf d’enfant, elle leur procure les petits moments de ce bonheur nécessaire pour croire à la vie. “Elle est le soleil de notre vie. Nous essayons de ne pas lui faire ressentir notre peine. Cela ne ferait que l’alourdir. Un jour, nous devrons lui expliquer qu’elle a perdu un petit frère et une petite sœur. Elle est là pour nous, nous le serons pour elle quand elle pourra comprendre”, explique Sonny.
Si le couple raconte son histoire aujourd’hui, c’est parce qu’il estime important de se soutenir entre compagnons d’infortune: “Bien plus de parents qu’on ne le pense font face à ce drame, celui de perdre un enfant. On en croise en rue chaque jour, sans savoir ce qu’il se passe au plus profond d’eux. Nous voulons, en racontant notre expérience, signifier à ceux qui ont perdu un enfant que nous pensons à eux et leur étoile dans le ciel”.
“Mort-né, fausse couche ou bébé en pleine santé, c’est votre enfant”
Ils expliquent pourquoi ils ont donné un nom à Clémentine: “Nous trouvons que chaque parent a droit à la reconnaissance de son enfant, qu’il soit mort-né, qu’il y ait fausse couche ou que ce soit un enfant né en pleine santé, peu importe, cela reste votre enfant!”, explique Marceline.
Quant à savoir s’ils oseront un jour redonner la vie, les deux jeunes gens se laissent le temps. “Nous avons toujours eu un grand désir d’enfants, mais ces pertes ont fait prédominer l’angoisse et la tristesse. Tout recommencer, pour l’instant, nous n’en n’avons pas l’envie. Nous nous concentrons sur le bonheur de Peaches et peut-être que, plus tard, elle aura finalement un petit frère ou une petite sœur”, conclut la mère.
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