Batailles sur les droits humains à l’ONU

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Le président vénézuélien Nicolas Maduro (à droite) et la Haut-Commissaire chilienne aux droits de l’homme Michelle Bachelet à Caracas, le 21 juin 2019.

Si certains se félicitaient, mardi 13 octobre, que l’Arabie saoudite − accusée d’avoir commandité le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, et où sont toujours sous les barreaux les opposants Loujain Al-Hathloul ou Raïf Badawi − n’ait pas été élue au Conseil des droits de l’homme, d’autres critiquaient a contrario le retour de la Chine, de Cuba et de la Russie au sein de cet organe onusien.

« Le Conseil des droits de l’homme laisse encore plus d’abuseurs des droits humains rejoindre ses rangs », a twitté l’ancienne ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, qui avait annoncé, le 19 juin 2018, que les Etats-Unis quittaient ledit conseil. C’est une critique classique des détracteurs de cet organe qui siège au QG suisse de l’ONU. Et c’était la même qui était dirigée contre la Commission des droits de l’homme, que le Conseil des droits de l’homme a remplacée dès 2006.

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« C’était un Tweet attendu, sourit Louis Charbonneau, le directeur ONU de Human Rights Watch. Mais c’est très réducteur car ces pays n’arrivent toujours pas à bloquer de nombreuses initiatives positives menées par le conseil. » En juin 2020, à la suite de la mort de George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans étouffé lors de son interpellation par un policier blanc, le conseil a ainsi ouvert un débat sur les brutalités policières aux Etats-Unis. « C’était une première, poursuit M. Charbonneau. Et si les conclusions sont générales, tout le monde sait que c’est l’exemple américain qui a inspiré les membres du conseil. »

Des missions d’enquête efficaces

Début octobre, la mission d’enquête sur le Venezuela, mise sur pied en septembre 2019 et qui rassemble des preuves de crimes contre l’humanité commis par le régime de Nicolas Maduro, a été prolongée de deux ans. Et ce, bien que Caracas ait réussi à être élu au conseil entre-temps. « Après que les enquêteurs ont rendu publiques leurs premières recherches, les pays africains qui avaient pourtant élu le Venezuela ont voté la prolongation, se félicite Beatriz Borges, la directrice du Cepaz, une ONG locale dans le collimateur de Caracas. Le conseil agit de façon cohérente. » Rester à l’agenda du conseil est essentiel pour que leurs pays ne tombent pas dans l’oubli sur la scène internationale, estiment certains opposants politiques.

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Et si parfois il y a des rendez-vous manqués au conseil, comme le 7 octobre, où les membres ont repoussé l’idée d’une enquête sur les Philippines de Rodrigo Dutertre, les ONG insistent sur l’efficacité de la plupart des missions diligentées. Ou sur l’impact qu’elles ont. « C’est la mission Birmanie qui a poussé la Gambie à poursuivre Yangoun devant la cour internationale de justice », confie Louis Charbonneau. « Ces enquêteurs confirment pour la première fois ce que la société civile dénonce depuis plusieurs années, se réjouit Beatriz Borges. Politiquement, il faudra du temps pour trouver des solutions, et quelle que soit la voie empruntée, ce sera le temps de la justice transitionnelle. Toutes les preuves amassées par ces enquêteurs serviront. »

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