avec le vaccin chinois, la Hongrie veut faire mieux que le reste de l’Union européenne

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Des employés déchargent une livraison de vaccins chinois Sinopharm, sur une base logistique de Budapest, le 3 mars 2021.

Viktor Orban a lui-même donné l’exemple. Dimanche 28 février, le premier ministre hongrois ultranationaliste a posté sur Facebook les images de sa séance de vaccination en proclamant : « Vacciné ». Le Magyar a choisi Sinopharm. Depuis mercredi 24 février, la Hongrie est en effet le premier et, jusqu’ici, l’unique pays de l’Union européenne (UE) à avoir autorisé l’usage du vaccin chinois sur son territoire.

Comme pour le vaccin russe Spoutnik V, également autorisé en Hongrie, Budapest a mis en avant l’épidémie pour contourner les règles européennes qui prévoient une autorisation par l’Agence européenne des médicaments (AEM) : « Les vaccins réservés par l’UE n’arrivent pas et nous aurions de gros problèmes si nous n’avions pas les vaccins russe et chinois ici », a expliqué M. Orban, en assurant que la Hongrie allait, grâce à ces deux sérums, pouvoir atteindre « le plus haut taux d’inoculation de toute l’Union européenne » dans les prochains jours.

Un vaccin toujours en cours de test

Si le choix russe de M. Orban a fait couler beaucoup d’encre, c’est plus encore le Sinopharm qui va lui permettre de remplir cet objectif : pour l’instant, Moscou ne semble en effet pas pouvoir tenir ses promesses de production et n’a envoyé que 40 000 doses à cet Etat d’Europe centrale ; de son côté, Pékin a fait livrer 550 000 doses dès le 16 février. La Chine a aussi fait les preuves de son impressionnante capacité de production dans la Serbie voisine, où elle a livré 1,5 million de doses, écrasant largement les autres producteurs. A ce rythme, la Hongrie compte vacciner 250 000 personnes dès cette semaine au Sinopharm, soit davantage qu’avec tous les autres vaccins réunis.

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Le vaccin chinois est officiellement toujours en cours de test de phase 3, et n’a même pas encore fait l’objet d’une publication scientifique internationale comparable à celle du Spoutnik V. Mais la Chine a déjà entamé activement son exportation, en affirmant que ses premiers tests afficheraient 79 % d’efficacité.

Pour le faire autoriser de façon expresse, M. Orban a adopté un décret prévoyant une autorisation de mise sur le marché sur simple accord du ministre des affaires étrangères. Un responsable gouvernemental a assuré que Budapest avait payé un prix « supérieur à 10 000 forints [environ 27 euros] » par dose, soit bien plus cher que les vaccins approuvés par l’UE – y compris le Moderna (autour de 18 euros), que la Hongrie a pourtant sous-commandé jusqu’ici.

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