Aux Etats-Unis, le droit à l’avortement au cœur des débats

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Des manifestants anti-avortement devant la Cour suprême à Washington, le 29 juin.

L’affrontement est resté verbal et les positions clairement irréconciliables : dans un face-à-face symbolique de la fracture culturelle qui sépare deux Amérique, des manifestantes venues défendre le droit à l’avortement se sont heurtées, samedi 17 octobre, devant la Cour suprême à Washington, aux militantes anti-avortement brandissant des photos de fœtus et des panneaux roses siglés « Les femmes avec Trump ».

Ce sujet, jamais apaisé depuis 1973, lorsque la Cour suprême a donné aux femmes américaines le droit d’avorter jusqu’à vingt-deux semaines de grossesse, est de nouveau au cœur des débats avec l’arrivée probable à la Cour suprême de la juge conservatrice Amy Coney Barrett, connue pour son opposition à l’interruption volontaire de grossesse (IVG). La commission sénatoriale des affaires judiciaires doit confirmer, jeudi 22 octobre, la nomination de la juriste proposée par Donald Trump, avant un vote, a priori sans surprise, par le Sénat. Lors de ses auditions, Mme Barrett a admis que ce droit constitutionnel, garanti par l’arrêt Roe v. Wade, n’était pas inattaquable. En 2006, la juge, catholique engagée, avait signé un texte qualifiant la décision de 1973 de « barbare » et plaidé pour sa révocation.

Cette position tranchée inquiète les militants prochoix, comme Sarretta McDonough, une avocate californienne de 48 ans, venue manifester à Washington avec son adolescente de 15 ans. « Si on perd ce droit fondamental, les femmes de la génération de ma fille perdront le contrôle sur leur vie, leur choix, leur parcours professionnel. »

« Retour en arrière »

Dans son bureau de Birmingham (Alabama), Staci Fox a beau garder le sourire, elle aussi craint l’arrivée d’une sixième juge conservatrice (sur neuf) à la Cour suprême. La directrice de l’organisation du planning familial, qui couvre le Mississippi, l’Alabama et la Géorgie, trois des plus grands « déserts » du pays en matière d’accès à l’avortement, est bien placée pour mesurer les attaques récurrentes menées par les Etats républicains contre ce droit.

La Cour suprême ira-t-elle jusqu’à l’abolir ? Nul ne le sait, mais Staci Fox, comme ses homologues à travers le pays, s’y prépare. Si les juges décidaient de tenir cette promesse faite par M. Trump à son électorat religieux et renvoyaient aux Etats le pouvoir de légiférer sur l’avortement, quelque 25 millions de femmes dans près de trente Etats « hostiles » en seraient privées.

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