« Aux Etats-Unis, le coronavirus va mettre à l’épreuve le système de soins »

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Devant le Life Care Center de Kirkland, dans l’Etats de Washington, où plusieurs cas de coronavirus ont été confirmés, le 4 mars.
Devant le Life Care Center de Kirkland, dans l’Etats de Washington, où plusieurs cas de coronavirus ont été confirmés, le 4 mars. DAVID RYDER / REUTERS

Le coronavirus a contaminé plus d’une centaine de personnes et provoqué la mort d’une dizaine de patients aux Etats-Unis. Des cas de contamination « spontanée » ont été recensés dans plusieurs Etats : les modalités de transmission du virus sont encore méconnues. Ces incertitudes ont conduit les autorités des Etats de Washington et de Rhode Island à déclarer l’état d’urgence.

Le Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC) suit de près la situation, mais de premiers dysfonctionnements, imputés à sa gestion précipitée de l’épidémie, lui ont valu de nombreuses critiques de la part de l’administration Trump. Le test de dépistage initialement mis au point par le CDC s’est révélé inexploitable. Seuls trois des cent CDC locaux ont pu l’utiliser à des fins de dépistage. Ces failles ont considérablement retardé la prise en charge de cas suspects ces deux dernières semaines. Elles sont d’autant plus préoccupantes que le CDC américain inspire largement les protocoles d’action de ses homologues étrangers.

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En matière de santé publique, les Etats-Unis disposent pourtant d’un arsenal d’institutions, d’acteurs et d’instruments entièrement consacré à la protection de la santé des populations.

Présents dans tous les Etats, les CDC comptent près de 15 000 employés, mobilisables à tout moment. Des réseaux de surveillance des risques épidémiologiques assurent un maillage de l’ensemble du territoire. Les signaux suspects sont rapidement communiqués aux autorités fédérales. La force de frappe des CDC est telle que la gestion opérationnelle de la crise leur sera principalement dévolue.

En première ligne face au virus, les acteurs de santé publique et les professionnels de santé peuvent-ils, à eux seuls, assumer la gestion d’une crise inédite, dans un pays où les droits des patients et des travailleurs sont lacunaires ?

Peu d’arrêts maladie

Les congés maladie n’existent pas dans le droit fédéral américain. Les travailleurs du tertiaire et les individus occupant des emplois peu qualifiés ou précaires sont peu susceptibles de bénéficier de congés payés en cas de maladie. Seuls 63 % des personnes travaillant dans l’industrie des services disposent de congés maladie, contre 90 % pour des individus occupant des fonctions managériales, d’après le Bureau of Labor Statistics, l’agence statistique du département du travail.

Les consignes de confinement pourraient donc être peu suivies par celles et ceux dont l’absence (même de courte durée) n’est pas rémunérée et peut constituer un motif de renvoi immédiat. La généralisation des arrêts maladie payés (sick leaves) serait l’un des outils de lutte les plus efficaces contre le virus, d’après une étude récente relayée par le CDC.

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