Au Royaume-Uni, les manifestants s’en prennent aux statues, symboles du passé colonial et esclavagiste

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Des manifestants demandent que soit retirée la statue de Cecil Rhodes, à l’Oriel College, à Oxford, le 9 juin.

La statue du colonisateur Cecil Rhodes n’a pas été jetée au sol mardi 9 juin, ni traînée jusqu’à la Tamise, à quelques centaines de mètres de l’Oriel College d’Oxford, dont elle orne la façade. Elle était pourtant la deuxième sur la liste des statues à abattre, après celle de l’esclavagiste Edward Colston, qui a fini sa course dans le port de Bristol dimanche 7 juin, trainée par des manifestants galvanisés par le slogan « Black Lives Matter » (BLM).

Elle était bien trop haut perchée et trop bien gardée par des policiers en alerte. Mais ses jours semblent comptés, tant la détermination des milliers de jeunes rassemblés à ses pieds mardi semblait grande d’en finir avec ce « meurtrier, symbole de l’oppression coloniale britannique » comme l’ont scandé les organisateurs de la campagne « RhodesMustFall » (Rhodes doit tomber). Au Royaume-Uni, depuis une dizaine de jours, l’émotion suscitée par le meurtre de George Floyd ravive des blessures profondes et donne lieu à un vigoureux travail de mémoire.

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« En 2016, en 2017, en 2018, en 2019, nous avons plaidé auprès du Collège d’Oriel pour qu’ils enlèvent la statue de Rhodes, nous avons accepté la discussion, argumenté… en vain. Maintenant, c’est fini, on ne mendiera plus, on veut juste qu’elle soit enlevée, mise au musée » explique une des organisatrices d’un mouvement né à Oxford il y a cinq ans, juste après qu’une autre statue de Cecil Rhodes a été déplacée de l’Université du Cap, ville où ce dernier avait vécu quand il était premier ministre de la « Colonie du Cap » à la fin du XIXe siècle.

« Quand on lève les yeux au ciel, on voit ce meurtrier ! »

Les jeunes massés au pied de l’Oriel college, des Noirs mais aussi beaucoup de Blancs et d’Asiatiques (d’origine indo-pakistanaise), connaissent le rapport étroit qu’a jusqu’à présent entretenu Rhodes avec Oxford. Né en 1853 dans le Hertfordshire (centre de l’Angleterre), Cecil Rhodes était un homme d’affaires prospère, convaincu de la supériorité anglo-saxonne, qui a consacré une partie de sa vie à l’extension africaine de l’empire britannique. Il met la main sur le monopole de l’extraction du diamant en Afrique du Sud (il crée la fameuse firme De Beers), colonise d’immenses pans de territoires pour la reine Victoria, donne son nom à deux pays (Rhodésies du Sud et du Nord, devenus le Zimbabwe et la Zambie). Avant de mourir, il fait d’importantes donations à l’Oriel College, où il a étudié et créé une bourse d’études (la bourse Rhodes), réservée a des étudiants mâles du Commonwealth.

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