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Vendredi 5 juin, le Royaume-Uni a battu un nouveau et triste record, passant la barre des 40 000 morts du Covid-19 (testés positifs) officiellement comptabilisés dans le pays (à 40 261). En réalité, on serait plutôt à 62 000 disparitions, selon l’Office national des statistiques, qui tient le registre des morts en excès, la méthode considérée comme la plus pertinente par les épidémiologistes. Autre mauvaise nouvelle : le taux de transmission du virus reste encore voisin de 1 dans le pays et même supérieur à 1 au nord-ouest de l’Angleterre.
Deux jours plus tôt, le 3 juin, depuis la Chambre des communes, le premier ministre britannique, Boris Johnson, avait pourtant lancé, bravache, qu’il était « fier » de la stratégie de son gouvernement : « Nous avons réussi à protéger notre système hospitalier, le nombre des décès diminue et le bon sens du peuple britannique va continuer à lutter contre le virus. »
Les travaillistes et les indépendantistes écossais du SNP se sont immédiatement engouffrés dans la brèche, dénonçant un confinement trop tardif (le 23 mars) un déconfinement désordonné et trop rapide. « Mais qui a été en contrôle de cette crise jusqu’à présent ? », a lancé Keir Starmer, le chef de file des travaillistes, moquant un titre maladroit du Telegraph, le journal de la droite conservatrice, qui le matin même annonçait en « une » : « Boris Johnson reprend le contrôle de la stratégie coronavirus »…
Déconfinement raté
Plus inquiétant pour un premier ministre disposant d’une confortable majorité à la Chambre des communes (80 sièges) : les rangs conservateurs n’hésitent plus à se prononcer ouvertement contre ses choix. Surtout ces deux dernières semaines, durant lesquelles Downing Street a enchaîné les ratés. L’affaire Cummings, d’abord, loin d’être anecdotique. Plus de quarante députés conservateurs ont protesté contre le refus de M. Johnson de sanctionner son conseiller spécial Dominic Cummings, l’architecte de sa stratégie du Brexit, alors que ce dernier a violé les règles du confinement en avril.
Des poids lourds comme Steve Baker, un des principaux avocats du Brexit ou Lord Michael Heseltine, une figure modérée du parti, ont réclamé la démission de M. Cummings. Penny Mordaunt, ancienne secrétaire d’Etat à la défense, toujours au gouvernement de Boris Johnson, s’est inquiétée que cet épisode ne fragilise les « messages sanitaires essentiels » du gouvernement.
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