Au Royaume-Uni, des entreprises demandent pardon pour leurs liens avec l’esclavage

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En l’espace de quelques jours, des entreprises et institutions britanniques de premier plan ont reconnu leurs liens passés avec l’esclavage, présenté leurs excuses à la communauté noire du Royaume-Uni et ont même, pour certaines, promis des réparations financières. Ces prises de position inédites sont une conséquence directe du mouvement Black Lives Matter (BLM), qui a déclenché un vigoureux débat national. Nombre d’activistes et d’historiens réclament que soit reconnu le caractère raciste de l’ex-Empire britannique et revendiquent une « décolonisation » de l’espace public, après la mise à bas de la statue de l’esclavagiste Edward Colston, à Bristol, début juin.

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Royal Bank of Scotland, Lloyds Bank, Bank of England (BoE) ou le brasseur Greene King ont confirmé, depuis le mercredi 17 juin, qu’une partie de leurs fondateurs ou ex-administrateurs avaient bénéficié de la traite des noirs dans les ex-colonies britanniques, essentiellement dans les Antilles. Au tout début du XIXe siècle, Benjamin Greene, le fondateur de la chaîne de pubs, fut un des 47 000 bénéficiaires du fonds d’indemnisation mis en place lors de l’abolition de l’esclavage dans l’Empire britannique, en 1833, afin de dédommager les actionnaires de plantations et les propriétaires d’esclaves.

Un ancien gouverneur de la banque centrale

Les sommes empruntées à l’époque par le Trésor (20 millions de livres, l’équivalent de 17 milliards de livres actuelles, soit 18,76 milliards d’euros) furent entièrement remboursées par le contribuable britannique – les esclaves affranchis, eux, ne reçurent rien. M. Greene avait perçu l’équivalent de 500 000 livres sterling pour trois plantations de cannes à sucre aux Antilles britanniques. La chaîne de pubs « va faire un versement substantiel pour les communautés BAME [“Black, Asian and minority ethnic”] et en faveur de la diversité ethnique dans les entreprises du pays », a assuré son PDG, Nick Mackenzie, au Daily Telegraph.

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Simon Fraser, un membre fondateur de l’assureur Lloyd’s of London, a reçu l’équivalent de 400 000 livres sterling après avoir renoncé à des possessions à la Dominique. « Nous sommes désolés pour le rôle joué par la Lloyd’s dans le commerce des esclaves. Ce fut une période terrible de l’histoire britannique et de celle de notre compagnie », a confié un porte-parole au Telegraph, assurant lui aussi que le groupe allait consacrer de l’argent aux associations promouvant l’intégration des minorités au Royaume-Uni.

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