au Royaume-Uni, Boris Johnson tente un recentrage politique

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Le premier ministre britannique, Boris Johnson, lors d’une conférence de presse, le 9 novembre, au 10 Downing Street.

En avril dernier, Boris Johnson avait développé une forme si sérieuse du Covid-19 qu’elle l’avait conduit en réanimation, puis handicapé pendant plus de trois semaines. Mi-novembre, le premier ministre britannique a annoncé qu’il s’isolait de nouveau après avoir côtoyé, à Downing Street, un député conservateur ultérieurement testé positif. Testé négatif, M. Johnson a tout de même fait savoir qu’il resterait en quarantaine pendant quatorze jours (le temps réglementaire au Royaume-Uni), participant pour la première fois à distance, mercredi 18 novembre, à la fameuse séance des questions au premier ministre de la Chambre des communes.

« Protégée du Covid », Downing Street, comme l’affirme son porte-parole ? Pas si sûr… En tout cas, l’annus horribilis 2020 n’aura pas épargné le dirigeant conservateur, qui a dégringolé dans les sondages, passant de 66 % d’opinions favorables selon l’institut YouGov en avril − quand il était malade – à seulement 34 % le 26 octobre dernier. Sa faconde, sa drôlerie et son optimisme à toute épreuve n’y auront pas suffi, ni la victoire historique remportée par son camp conservateur aux élections générales de décembre 2019 : toujours selon YouGov, les travaillistes passeraient en tête (40 % des votes), devant les tories (38 %), si les Britanniques devaient revoter en cette mi-novembre.

Marchés opaques

Sans surprise, cette perte de confiance est liée à une gestion ratée de la première vague pandémique (près de 42 000 décès à l’été dernier), due à un confinement tardif (le 23 mars) et à un gouvernement pas préparé à une crise sanitaire de cette ampleur. Les détails continuent d’émerger sur des négligences et des pratiques contestables de cette période. Mercredi, un rapport de l’Office national d’audit (National Audit Office – NAO –, un organisme parlementaire indépendant) révèle que le gouvernement a confié des marchés liés à la pandémie à des sociétés privées pour un total de 17 milliards de livres sterling, de manière opaque et parfois à la limite du conflit d’intérêts.

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L’été n’a pas été mis à profit pour peaufiner le système de traçage des cas contacts et le gouvernement Johnson a multiplié les rétropédalages (sur le port du masque, les examens de fin d’études secondaires, etc.), donnant l’impression de gérer la crise sanitaire sans stratégie. L’épisode de « Barnard Castle », l’escapade dans le nord de l’Angleterre de Dominic Cummings, fin mars, en violation des règles de confinement, a coûté cher à Boris Johnson, qui a refusé pendant des mois de remercier son très controversé conseiller spécial, avant de s’en séparer la semaine dernière. Tout comme le manque de flair politique du gouvernement, resté longtemps sourd aux appels de Marcus Rashford, le footballeur de Manchester United, nouveau héros de la lutte contre la pauvreté infantile.

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