Au Québec, un nouveau test pour les candidats à l’immigration

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Le premier ministre Francois Legault lors d’une réunion à Toronto, Ontario, Canada le 2 decembre.
Le premier ministre Francois Legault lors d’une réunion à Toronto, Ontario, Canada le 2 decembre. CARLOS OSORIO / REUTERS

« Au Québec, les femmes et les hommes ont les mêmes droits et cette égalité est inscrite dans la loi, vrai ou faux ? » « Quelle est la langue officielle du Québec : anglais, espagnol, français, français et anglais ? » C’est à ce type de questions que les candidats à l’immigration devront répondre, à compter du 1er janvier prochain, pour obtenir le Certificat de sélection du Québec, sésame pour une installation dans la province.

Avec vingt questions à choix multiples organisées autour de cinq thèmes (égalité femmes hommes, société francophone, laïcité, droits de la personne et démocratie), cette « attestation d’apprentissage des valeurs québécoises » a pour objectif de « s’assurer de l’adhésion des nouveaux arrivants à ces valeurs », a expliqué le ministre de l’immigration québécois, Simon Jolin-Barrette, en octobre.

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Il n’a pas caché s’être inspiré de « l’examen de citoyenneté » déjà en œuvre au niveau canadien, mais a jugé important que le Québec puisse introduire ses propres critères. La défense de la laïcité et l’interdiction du port des signes religieux dans la fonction publique, au cœur d’une loi votée au Québec en juin dernier, feront notamment l’objet de certaines questions.

75 % de réponses correctes exigées

Avec l’instauration de ce questionnaire – concocté par des experts pour la somme de 140 000 dollars canadiens (96 000 euros) –, le gouvernement Coalition avenir Québec (CAQ, centre-droit, nationaliste modéré) de François Legault entend montrer qu’il tient ses engagements sur l’immigration. Avant d’être porté au pouvoir, en octobre 2018, le futur premier ministre avait largement insisté sur sa volonté de renforcer les critères de sélection des immigrants québécois. François Legault s’était notamment servi de l’exemple du burkini, ce maillot de bain intégral porté par certaines musulmanes, qu’il jugeait « problématique quant à la question de la soumission de la femme » pour expliquer qu’il était nécessaire de s’assurer « que les nouveaux arrivants croient à l’égalité femmes hommes ».

Le test sera rempli en ligne par les seuls aspirants à l’immigration économique (60 % des immigrants dans la province), ceux dont la sélection relève de la province, en vertu d’un accord entre le Canada et le Québec. Les réfugiés et personnes arrivant dans le cadre d’un regroupement familial n’y seront pas soumis.

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Pour que le test soit validé, 75 % de réponses correctes sont exigées. En cas d’échec, une formation, à suivre au Québec, sera possible avant une dernière tentative. Le questionnaire, proposé en français, anglais, mandarin et espagnol, sera soumis aux candidats avant leur arrivée sur le sol québécois. Et non après, comme l’avait initialement envisagé le gouvernement, qui souhaitait réaliser un test a posteriori avec expulsion à la clé en cas d’échec des immigrants déjà installés.

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