au premier jour du procès, l’évocation d’un « drame à peine concevable »

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Conférence de presse de l’équipe d’enquête internationale chargée du dossier Malaysian Airlines, à Nieuwegein (Pays-Bas), le 19 juin 2019.
Conférence de presse de l’équipe d’enquête internationale chargée du dossier Malaysian Airlines, à Nieuwegein (Pays-Bas), le 19 juin 2019. ROBIN VAN LONKHUIJSEN / AFP

Un grand moment d’émotion a marqué, lundi 9 mars, la première journée du procès intenté à quatre hommes pour le crash du vol MH17, le 17 juillet 2014. Une représentante du ministère public au tribunal de Schiphol, Dedy Woei-A-Tsoi, a égrené durant vingt minutes le nom des 298 victimes du Boeing de Malaysia Airlines, abattu par un missile au-dessus du territoire est ukrainien.

Les quatre individus qui seront jugés par contumace ont, selon l’accusation, contribué à l’acheminement depuis la Russie, puis à l’évacuation, du système russe antiaérien Buk, dont un missile a frappé l’avion. Un drame « à peine concevable », a déclaré le président du tribunal, Hendrik Steenhuis, en présence d’une vingtaine de proches des victimes, dans l’étroite salle d’audience. 

Deux prévenus, le Russe Igor Guirkine et l’Ukrainien Leonid Khartchenko n’ont pu être retrouvés par le tribunal qui souhaitait leur communiquer une citation à comparaître. Un autre homme a décroché son téléphone mais il a nié être Serguëi Doubinski, le troisième inculpé. Le quatrième, Oleg Poulatov, également Russe, nie toute implication, ainsi que l’a indiqué son avocate néerlandaise. Me Sabine ten Doesschate a parlé, lundi, d’un « événement tragique » mais avec lequel son client n’aurait rien à voir.

Deux questions, étroitement liées, seront au cœur de très longs mois d’audience prévus à Schiphol : outre les quatre individus identifiés, quels sont les vrais auteurs du tir et ceux-ci ont-ils pu se tromper de cible ? « Qu’ils se soient trompés est une possibilité, mais cela ne fait aucune différence », estimait lundi le ministère public.

Pour les autorités russes, en tout cas, les réponses sont claires : elles ont affirmé d’emblée, après la catastrophe, que le missile avait été tiré par des Ukrainiens, à partir d’un territoire que ne contrôlaient pas les séparatistes.

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« Prétendues preuves » selon Poutine

La thèse d’un tir accidentel par des agriculteurs ou des rebelles séparatistes qui auraient trouvé « par hasard » le missile, a circulé pendant quelques jours. Elle était, toutefois, par trop farfelue. La Russie s’est alors employée à compliquer les premiers travaux d’investigation sur les lieux de la catastrophe. Et quand, en juin 2019, l’équipe d’enquête internationale a rendu ses conclusions sur l’acheminement, depuis la Russie, du système de missiles BUK, sous la supervision des quatre prévenus – qui ne sont pas les auteurs du tir –, le président Vladimir Poutine a évoqué de « prétendues preuves ».

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