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Dans la vallée de la Côa, un projet de « réensauvagement » mêle réintroduction de grands herbivores et libre évolution de la nature, afin de recréer un écosystème viable.
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Une centaine de vautours tournoient dans le ciel éblouissant, appâtés par des restes de boucherie. Ont-ils senti le piège ? Ils ne s’y risqueront pas ce jour, les toisant à distance avant de regagner la ronde des courants ascendants, au-dessus de la réserve de Faia Brava, dans le nord-est du Portugal. Pedro Prata devra patienter encore avant de réussir à capturer quelques vautours fauves, qu’il équipera de colliers GPS.
L’association Rewilding Portugal tente de renforcer la population de ces rapaces, et d’autres espèces, au sein de cinq réserves réparties le long de la rivière Côa. La nature y est strictement protégée. Le projet, amorcé en 2000 par l’association ATNatureza, a été retenu comme l’un des huit sites pilotes de l’ONG Rewilding Europe, qui soutient des initiatives de rewilding (« réensauvagement ») sur tout le continent. Le principe : restaurer un écosystème viable, souvent grâce à la réintroduction des grands animaux qui y vivaient jadis, et le laisser ensuite évoluer librement. « L’idée est de réduire la pression humaine et de laisser la nature s’autogérer, pour permettre le retour des processus naturels, explique son directeur, Frans Schepers. Pour retrouver un écosystème riche, il faut souvent faire revenir des espèces clés qui influent fortement sur leur milieu, et notamment des grands herbivores. »
Dans la réserve, qui s’étale sur près de 1 000 hectares clos, on croise quelques chevaux qui, revenus à l’état sauvage, broutent les herbes hautes. Le mâle s’interpose, regard droit, devant la harde, tandis que deux juments et leur poulain s’éloignent sans hâte. Partout, sur les collines aux teintes fauves, ils ont laissé les traces de leur passage, sentes, crottins, herbes rases. Plus loin, on aperçoit un autre animal à l’ombre des chênes-lièges, silhouette massive, longues cornes recourbées : des bovins sauvages. Ceux-là ne se laissent plus approcher. « Ces vaches naissent, vivent et meurent ici, quasiment sans intervention », affirme Pedro Prata.
Espèces aux traits primitifs
Chevaux garrano, vaches maronesa… « Ce sont des races anciennes de la péninsule Ibérique, qui ont été sélectionnées pour leur comportement : elles sont autonomes, savent se défendre… Elles ont conservé des traits primitifs », poursuit Pedro Prata. Dans une autre réserve du projet, des chevaux sorraia à la robe grise portent encore, le long des pattes, des rayures caractéristiques des chevaux préhistoriques. Quant aux vaches, elles ont été choisies avec le programme néerlandais Tauros, qui cherche à reconstituer des bovins semblables à l’aurochs – leur ancêtre sauvage, éteint au XVIIe siècle.
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