Au Pérou, le fujimorisme s’effondre lors des élections législatives

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A Lima, le 25 janvier 2020.
A Lima, le 25 janvier 2020. STRINGER / REUTERS

Comme les sondages des dernières semaines le laissaient pressentir, c’est un Congrès extrêmement fragmenté qui vient remplacer l’ancienne Chambre dissoute le 30 septembre 2019 par le président Martin Vizcarra. Dix partis, sur les vingt et une formations en lice, siégeront au Parlement en ordre dispersé. Aucun n’a obtenu plus de 10 % des voix, selon les premiers résultats, encore non officiels.

Près de 25 millions de Péruviens étaient appelés à voter dimanche 26 janvier aux élections extraordinaires destinées à renouveler l’unique Chambre parlementaire, pour une période de seize mois avant les élections générales de 2021.

L’ancien Congrès, alors dominé par les fujimoristes (droite populiste, du nom de l’ancien président autoritaire Alberto Fujimori, qui purge vingt-cinq ans de prison pour des crimes commis sous ses mandats entre 1990 et 2000), a été dissous alors que, selon le président, il faisait systématiquement obstruction à l’exécutif, notamment lors des tentatives de mettre en œuvre des mesures anticorruption.

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La stratégie de Martin Vizcarra semble donc avoir payé. Les fujimoristes ont vu fondre leur capital électoral. Sur les 73 sièges obtenus aux élections de 2016, ils ne devraient en conserver qu’une dizaine – avec moins de 7 % des voix –, devenant la sixième force du Congrès. Un sévère revers pour le parti orange, Fuerza Popular, déjà affaibli par les affaires de corruption et accusé d’être gangrené par une organisation criminelle.

Des « dinosaures » quittent le Parlement

Sa leader et fille de l’ancien chef de l’Etat, Keiko Fujimori, pourrait retourner en prison préventive ces prochains jours – elle y a déjà passé treize mois. Elle doit être jugée pour blanchiment d’argent et association illicite dans le cadre de l’affaire Odebrecht – du nom du géant du BTP brésilien qui a versé des millions de dollars de pot-de-vin à des dirigeants latino-américains.

Keiko Fujimori, le 26 janvier 2020 à Lima.
Keiko Fujimori, le 26 janvier 2020 à Lima. Martin Mejia / AP

Le vote de dimanche voit s’exprimer un désir de rénovation des responsables politiques. Les partis qui faisaient bloc dans l’opposition au sein de l’ancien Congrès ont été sanctionnés. Des « dinosaures » quittent le Parlement, comme l’Alliance populaire révolutionnaire américaine (droite), un des plus vieux partis politiques péruviens et parti de l’ex-président Alan Garcia (1985-1990 et 2006-2011) qui s’était suicidé en avril 2019 alors qu’il allait être arrêté dans le cadre de l’enquête Odebrecht.

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Quatre anciens présidents péruviens – Alejandro Toledo (2001-2006), Alan Garcia, Ollanta Humala (2011-2016) et Pedro Pablo Kuczynski (2016-2018), qui a démissionné en mars 2018 au profit de son vice-président, Martin Vizcarra – ont été mis en cause dans l’affaire Odebrecht pour avoir reçu de l’argent du groupe brésilien.

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