Au Pakistan, la crise sanitaire marque le pas, l’impopularité du gouvernement augmente

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A Peshawar, au Pakistan, le 15 juillet.

Les Pakistanais ont-ils de quoi se réjouir des dernières nouvelles sur le front de l’épidémie de Covid-19 ? Mardi 14 juillet, moins de 2 000 nouveaux cas de contamination ont été diagnostiqués dans le pays, le résultat quotidien le plus faible enregistré depuis la fin du mois de mai. Un ralentissement qui tend à confirmer une baisse substantielle de la propagation du coronavirus observée depuis le pic de 6 825 cas, comptabilisé pour la seule journée du 14 juin.

Le Pakistan s’est certes hissé ces derniers jours au douzième rang mondial des pays les plus touchés derrière l’Iran et l’Espagne, avec désormais plus de 255 000 cas au total, mais il ne se situe qu’au vingtième rang en termes de mortalité, avec 5 320 décès. Toutes proportions gardées, notamment du fait que le nombre de tests reste extrêmement faible (entre 20 000 et 30 000 par jour pour 221 millions d’habitants), ce résultat dément les Cassandre qui pronostiquaient il y a encore un mois le franchissement des 300 000 cas à la fin juin, et l’atteinte de 1,2 million de cas à la fin de juillet.

Parmi les plus pessimistes figurait l’ancien ministre des finances Asad Umar, qui préside aujourd’hui le National Command Operations Centre (NCOC), la cellule de crise chargée de coordonner la réponse gouvernementale à la crise sanitaire. Dimanche 12 juillet, ce dernier a affirmé que la situation était en train de s’améliorer significativement dans les hôpitaux avec, depuis le 20 juin, une baisse de 40 % du nombre de patients placés sous oxygène et de 28 % de celui des malades sous respiration artificielle.

Impression de flottement

Sur le terrain pourtant, la réalité semble plus complexe. Selon plusieurs ONG et cliniques privées de Karachi et Lahore, citées par l’agence Bloomberg, les personnels soignants feraient actuellement face à une grave pénurie de bouteilles d’oxygène. Pire, l’ancien ministre des sciences, Atta ur-Rahman, qui conseille le gouvernement Khan dans le domaine des nouvelles technologies, estime qu’au Pakistan, comme en Inde et au Bangladesh, les cas de Covid-19 sont « deux à trois supérieurs aux statistiques du gouvernement ».

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Depuis le début de l’épidémie, le premier ministre Imran Khan oscille entre appels à la prudence et refus de la paralysie du pays. « Dès le premier jour, le gouvernement a adopté une stratégie visant à maintenir un équilibre entre le soutien à l’activité économique et la protection de la santé du grand public », a-t-il répété samedi 11 juillet, lors d’une réunion de son cabinet organisée pour faire le point sur la situation financière nationale.

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