Au Nicaragua, Ortega déclenche l’arme législative contre ses opposants

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Le président du Nicaragua, Daniel Ortega et son épouse, la vice-présidente Rosario Murillo, à Managua (Nicaragua), le 7 juillet 2018.

La répression exercée par le président nicaraguayen, Daniel Ortega, sur l’opposition, se déplace sur le terrain législatif : l’Assemblée nationale, acquise à l’ancien guérillero sandiniste, s’apprête à voter trois projets de loi liberticides aux fins répressives qui provoquent un tollé international. Deux ans et demi après le début d’une révolte populaire, réprimée dans le sang, le régime déclenche l’arme parlementaire pour museler l’opposition en vue des élections de 2021.

Condamnation à perpétuité, contrôle financier, inéligibilité… Plusieurs épées de Damoclès pèsent sur les opposants de M. Ortega. Prévu le 13 octobre, le vote du projet de « loi pour la régulation des agents étrangers » obligerait toute personne, physique ou morale, qui reçoit des fonds étrangers, à s’enregistrer auprès du ministère de l’intérieur, entraînant une surveillance étroite et un contrôle financier. L’intéressé devrait aussi « s’abstenir d’intervenir dans les sujets de politique intérieure », ne pouvant plus candidater à une élection. En ligne de mire : le scrutin présidentiel et législatif, fixé au 7 novembre 2021, auquel M. Ortega pourrait se présenter pour un quatrième mandat aux côtés de son épouse et vice-présidente, Rosario Murillo.

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« C’est juste une loi patriote pour la défense de la souveraineté nationale », rassure dans les médias Gustavo Porras, président de l’Assemblée nationale et député du Front sandiniste de libération nationale (FSLN), parti de M. Ortega. En face, la coalition d’opposition, Unité nationale bleu et blanc (UNAB), tire le signal d’alarme contre « un contrôle autoritaire » sur la société civile, les médias, et les organisations de défense des droits de l’homme. L’UNAB a surnommé le projet « loi Poutine », en référence à une législation russe similaire datant de 2012.

« Crimes contre l’humanité »

Baptisée « #NoNosCallaran (« Ils ne nous feront pas taire » ) », une nouvelle mobilisation était organisée sur le Web, mercredi 7 octobre, pour dénoncer un autre projet liberticide : la « loi sur les cyberdélits » qui prévoit des condamnations de jusqu’à quatre ans de prison contre les fake news. L’UNAB fustige une censure sur les médias numériques, très utilisés par les contestataires dans un pays où le Web reste un des rares espaces d’expression non contrôlés par le régime.

L’ancien héros révolutionnaire résiste à un mouvement insurrectionnel qui réclame la fin d’un régime « népotiste » et « corrompu ».

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