Au Nicaragua, le déni et l’incurie du régime face au coronavirus font craindre un drame

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Une affiche du président nicaraguayen, Daniel Ortega, et de son épouse et vice-présidente Rosario Murillo, à Managua, Nicaragua, le 27 mars.
Une affiche du président nicaraguayen, Daniel Ortega, et de son épouse et vice-présidente Rosario Murillo, à Managua, Nicaragua, le 27 mars. OSWALDO RIVAS / REUTERS

Au Nicaragua, tout est normal, il n’y a nul besoin de s’alarmer ni de suivre les recommandations de distanciation sociale préconisées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). C’est, en substance, la position du gouvernement du président Daniel Ortega qui, contrairement à ses voisins latino-américains, n’a pris aucune mesure de confinement, d’arrêt des classes ou de fermeture des frontières face à l’épidémie due au coronavirus.

Un président qui, de fait, a totalement disparu depuis le 12 mars, date à laquelle il a participé à une visioconférence avec ses homologues d’Amérique centrale. Les spéculations sur sa situation vont bon train. Tout le monde, au Nicaragua, attendait qu’il réapparaisse à l’occasion des obsèques du député et militant historique du Front sandiniste de libération nationale (FSLN), Jacinto Suarez, très proche de M. Ortega, lui aussi ex-guérillero, les 2 et 3 avril. Mais il n’en a rien été.

Si des rumeurs circulent sur la mort du président, beaucoup de Nicaraguayens estiment que Daniel Ortega, au pouvoir entre 1979 et 1990 et depuis 2007, est en fait confiné dans son bunker d’El Carmen, à Managua, contredisant les conseils de son gouvernement et de sa propre épouse, la vice-présidente Rosario Murillo, de continuer à vivre normalement. Les réseaux sociaux s’en donnent à cœur joie : « Ortega ne sort pas du tout de chez lui. Ortega se préoccupe pour sa vie. Sois intelligent : fais comme Ortega », est un des messages qui circule.

Préoccupation des pays voisins

Le régime semble occulter le véritable nombre de cas de coronavirus. Officiellement, seules six personnes ont été contaminées, et une est morte de covid-19. Toutes, selon le ministère de la santé, ont été contaminées à l’étranger, et il n’existe aucun cas de contamination locale. Une réalité que les experts s’accordent à estimer très largement sous-estimée, alors que le Costa Rica voisin recensait 454 cas au dimanche 5 avril, et le Honduras, 268. Et ce, d’autant plus que le ministère de la santé cubain, lui, informait récemment de deux contaminations « importées » du Nicaragua.

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Une des seules mesures prises par les autorités a été celle d’inscrire les personnes revenant de pays où la transmission du virus est « active » sur un registre à leur arrivée, les inviter à se confiner chez elles pendant quatorze jours et effectuer un suivi. Pour le reste, les autorités invitent la population à poursuivre leurs activités. Les tournois de football ou de base-ball, par exemple, ont été maintenus.

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