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Au moins 18 personnes ont été tuées et 57 blessées dans un attentat-suicide commis samedi 24 octobre contre un centre proposant des formations pour étudiants, dans un district de l’ouest de Kaboul, a annoncé le ministère afghan de l’intérieur par l’intermédiaire de Tariq Arian, son porte-parole.
« Un kamikaze qui voulait entrer dans le centre éducatif a été identifié par des gardes. Il s’est fait exploser dans l’allée menant au centre, avant de pouvoir y entrer », a-t-il détaillé. Une vidéo prise sur les lieux de l’attaque et diffusée sur les réseaux sociaux montre plusieurs cadavres recouverts de couvertures gisant dans une rue en terre, alors que des blessés sont transportés hors des lieux.
Un employé du centre a confirmé que l’explosion était survenue dans le parking de l’établissement. « J’étais à 100 mètres du centre quand une explosion m’a projeté à terre. Il y avait de la poussière et de la fumée partout autour de moi », a raconté à l’AFP Ali Reza, un habitant du quartier, ajoutant que « toutes les victimes sont des étudiants qui attendaient d’entrer » dans l’établissement.
Montée des violences depuis la reprise des pourparlers
Les talibans, à travers le compte Twitter de Zabihullah Mujahid, leur porte-parole, ont affirmé n’avoir « aucun lien » avec l’attentat. L’ouest de Kaboul est principalement peuplé de Hazara, une ethnie presque uniquement chiite et régulièrement prise pour cible par les attaques du groupe Etat islamique.
L’Afghanistan est depuis quelque temps en proie à une montée de violence, à l’heure où les talibans et le gouvernement de Kaboul ont entamé des pourparlers. Ces derniers, qui se tiennent à Doha (Qatar) depuis septembre, visent à mettre fin à des décennies de guerre, mais ne font pour l’instant pas état de grandes avancées.
Plus tôt dans la journée, neuf personnes avaient été tuées par l’explosion d’une bombe au passage d’un car dans l’est du pays, selon des responsables locaux (qui ont accusé les talibans).
Déplorant déjà une cinquantaine de morts dans des attaques ayant eu lieu la semaine précédente, Amnesty International a, vendredi, accusé Kaboul et les insurgés de ne pas protéger suffisamment les civils.
Le 16 octobre, l’émissaire américain pour l’Afghanistan, Zalmay Khalilzad, avait déclaré que les Etats-Unis étaient parvenus à une entente avec les talibans, en vue d’arriver à « une baisse significative » du nombre de morts dus à la violence persistante, et ce en dépit du processus de paix.
Kaboul demande depuis des années un cessez-le-feu aux talibans. Mais ces derniers refusent d’envisager l’arrêt des combats, craignant de perdre l’un de leurs leviers les plus importants en cas de négociation.
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