Au Mexique, un cartel de la droque déclare la guerre à l’Etat

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La police scientifique sur la scène de la tentative d’assassinat du chef de la police de Mexico, Omar Garcia Harfuch, dans le quartier de Las Lomas, à l’ouest de Mexico, le 26 juin.

Le blindage de sa camionnette n’a pas résisté à la violence de l’assaut. Le chef de la police de Mexico, Omar Garcia Harfuch, a réchappé de peu, vendredi 26 juin, à une spectaculaire embuscade qui a fait trois morts dans un quartier huppé de la capitale mexicaine. Blessé, M. Garcia Harfuch a accusé, sur son compte Twitter, juste avant de passer au bloc opératoire, le cartel Jalisco Nueva Generacion (CJNG) d’avoir commandité son assassinat. Cet attentat mafieux, inédit à Mexico, prend des airs de déclaration de guerre contre l’Etat.

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L’attaque a eu lieu à 6 h 38, dans l’ouest de la capitale, où une douzaine d’hommes, armés de grenades à fragmentation et de fusils Barrett 50, capables de percer les blindages, ont criblé de balles la camionnette de M. Garcia Harfuch. Les images de vidéosurveillance montrent que la fusillade a duré plusieurs minutes, plongeant dans le chaos le quartier de Las Lomas, qui abrite des ambassades et de luxueuses demeures.

Plusieurs centaines de douilles ont été retrouvées sur place ainsi que les cadavres de deux gardes du corps de M. Garcia Harfuch. Prise dans le feu croisé, une commerçante de 26 ans a aussi été tuée. Quant au numéro un de la sécurité publique de Mexico, il a été atteint par trois balles au bras, à la clavicule et au genou.

Seuil macabre historique

Les autorités ont arrêté seize agresseurs. Leurs témoignages ont révélé que l’attentat était préparé depuis trois semaines, mobilisant, au total, vingt-huit assaillants dans sept véhicules. Un des détenus n’est autre que José Armando Briseno, alias « El Vaca » (la vache), un des chefs des tueurs du CJNG.

Jamais un haut fonctionnaire de la capitale n’avait été ainsi pris pour cible par le crime organisé. Mexico a longtemps été épargnée par ce type d’attaque digne d’un film hollywoodien, révélant la recrudescence de la violence des cartels. L’année dernière a marqué un seuil macabre historique, avec 35 588 homicides. Et 2020 n’est pas en reste : 2 583 meurtres ont été perpétrés en mars, soit plus de quatre-vingts morts par jour. Un record mensuel, malgré le confinement décrété contre l’épidémie de Covid-19.

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Le président, Andres Manuel Lopez Obrador, dit « AMLO », a attribué, vendredi, l’attentat à une riposte du CJNG contre une série d’arrestations et de saisies réalisées en coopération avec l’agence antidrogue américaine (DEA). En mars, la DEA a mis à prix pour 10 millions de dollars la tête du chef du CJNG, Nemesio Oseguera Cervantes, alias « El Mencho ». C’est le baron de la drogue mexicain le plus recherché au monde depuis l’arrestation, en 2016, et la condamnation, en 2019 aux Etats-Unis, de Joaquin « El Chapo » Guzman, l’ancien dirigeant du cartel de Sinaloa, concurrent du CJNG.

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