Au Mexique, le président « AMLO » durcit sa stratégie contre le coronavirus

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Le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador, à San Luis Rio Colorado, le 28 mars.
Le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador, à San Luis Rio Colorado, le 28 mars. Mexico’s Presidency / Mexico’s Presidency via REUTERS

Finies la foule et les embrassades pour le président mexicain, Andres Manuel Lopez Obrador, qui a longtemps défié le coronavirus. Réticent au confinement obligatoire, « AMLO » vient pourtant de durcir le ton en appelant les Mexicains à rester chez eux alors que leur pays frôlait, dimanche 29 mars, la barre des 1 000 cas de Covid-19. Un virage radical dans la gestion de la crise au Mexique face à des risques sanitaires et économiques colossaux.

« Si nous ne restons pas chez nous, la contamination pourrait exploser (…), ce serait incontrôlable », a averti AMLO dans une allocution diffusée, vendredi 27 mars, sur Youtube. Le président de gauche exhorte les Mexicains à un isolement volontaire et massif. Quelques jours plus tôt, il continuait pourtant de temporiser. A la différence de nombreux autres pays du sous-continent, le Mexique n’a pas fermé ses frontières, ni cherché à limiter le trafic aérien.

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Depuis le premier cas détecté, le 27 février, des voix se sont levées pour dénoncer le laxisme du chef de l’Etat, qui a continué de serrer des mains, brandissant devant les journalistes des amulettes censées le protéger du virus. Dimanche 22 mars, AMLO invitait toujours les Mexicains à se rendre en famille dans les petits restaurants. Le lendemain, le gouvernement fermait néanmoins les écoles et lançait une campagne de distanciation sociale entre les individus.

« Aplanir la courbe épidémiologique »

Pas suffisant, pour plusieurs gouverneurs, qui ont imposé des mesures locales plus strictes de confinement. La société civile aussi a pris les devants. De grandes entreprises ont interrompu leur production ou invité leurs salariés au télétravail. Le gouvernement fédéral leur a emboîté le pas, jeudi 26 mars, en suspendant ses « activités non essentielles ».

Mais AMLO refuse toujours de rendre obligatoire le confinement, dans un pays où 52 des 129 millions de Mexicains sont pauvres. « Des mesures extrêmes peuvent s’avérer pire que la maladie auprès de gens qui vivent au jour le jour », a justifié AMLO, prônant depuis des semaines « un équilibre entre la protection de la santé et celle de l’économie des plus pauvres » : 56 % des travailleurs sont dans le secteur informel sans salaire fixe ni sécurité sociale.

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Le président vient pourtant de changer son fusil d’épaule sans imposer pour autant de mesures contraignantes de confinement : « Je sais que cela [le confinement] signifiera des coûts, mais l’économie pourrait encore plus chuter sans mesure de prévention », a-t-il expliqué vendredi. Le lendemain, Hugo Lopez-Gatell, vice-ministre de la santé en charge de la crise du Covid-19, alertait les médias qu’« un confinement massif et urgent est notre dernière opportunité (…) pour éviter de saturer le système de santé ». Selon cet épidémiologiste, « l’objectif est de contrôler le nombre d’infections nouvelles pour aplanir la courbe épidémiologique et étaler les cas graves dans le temps ». Le Mexique comptait, dimanche, 993 cas de coronavirus et 20 morts.

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