Au Mexique, « AMLO » politise sa lutte contre la corruption des anciens présidents

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Les portraits des anciens présidents mexicains, sur une affiche de partisans d’Andres Manuel Lopez Obrador, le 1er octobre devant la Cour suprême, à Mexico.

La croisade contre la corruption du président mexicain, Andres Manuel Lopez Obrador (« AMLO »), prend un tournant décisif : la Cour suprême du pays a validé, jeudi 1er octobre, son projet de consultation populaire sur la question de juger ou non cinq anciens présidents. Une initiative inédite, motivée par une série de malversations supposées de la part de ses prédécesseurs. Mais la politisation du futur plébiscite est contestée au nom de l’équilibre des pouvoirs.

Les magistrats de la plus haute instance judiciaire du pays ont créé, jeudi, la surprise : le projet initial de résolution proposé par leur pair, Luis Maria Aguilar, assurait qu’une telle consultation populaire représentait « un concert d’inconstitutionnalités ». M. Aguilar avançait notamment que la justice ne peut pas être soumise à l’opinion d’une majorité d’électeurs, risquant « de porter atteinte à la présomption d’innocence » et au droit à « un procès équitable » des justiciables.

Pourtant, six des onze hauts magistrats ont jugé l’initiative constitutionnelle. Ils ont néanmoins reformulé la question, proposée par AMLO, pour la rendre plus neutre. Cette dernière mentionnait expressément les noms de cinq anciens présidents : Carlos Salinas de Gortari (1988-1994), Ernesto Zedillo (1994-2000), Vicente Fox (2000-2006), Felipe Calderon (2006-2012) et Enrique Peña Nieto (2012-2018).

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Les Mexicains seront ainsi appelés, à l’occasion des élections législatives et locales de juin 2021, à se prononcer sur cette question : « Etes-vous d’accord ou pas de mener, en respect de la loi, un processus de clarification des décisions, prises dans le passé, par les acteurs politiques, pour garantir la justice et les droits des possibles victimes ? » Les juges ont appuyé leur décision sur le respect de la démocratie participative, justifiée selon eux par le caractère public des anciens chefs d’Etat.

Promesse de rompre avec la corruption

Quelques heures plus tôt, AMLO s’était déclaré prêt à proposer un projet de réforme de la Constitution en cas de refus de la Cour. Une pression politique qui a été dénoncée par certains juges opposés à son initiative. Elu triomphalement en 2018 sur la promesse de rompre avec la corruption et l’impunité des élites politiques, AMLO a déposé au Sénat, le 15 septembre, sa proposition de consultation populaire. Cette dernière était assortie d’un long argumentaire dans lequel il révélait les délits présumés de ses prédécesseurs durant les trente dernières années.

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