Au Liban, un tumultueux début d’année scolaire sur fond de crise sanitaire et économique

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Manifestation devant le ministère de l’éducation à Beyrouth, le 6 novembre.

Un écran en guise de tableau noir. Avant même que le Liban ne soit reconfiné, samedi 14 novembre, pour deux semaines, les écoles, qui avaient péniblement repris l’accueil en présentiel, ont été refermées, par mesure sanitaire face à la pandémie de Covid-19. C’est en ligne que les élèves les plus chanceux suivent les cours. Le Liban a franchi la barre des 100 000 cas de contamination et déplorait, lundi 16 novembre, 868 morts ; les hôpitaux qui prennent en charge ces malades sont débordés. Si les parents les plus anxieux face au virus sont soulagés par les restrictions, bien d’autres redoutent qu’une seconde année scolaire ne soit mise en péril.

« Cette année est la plus difficile que l’on ait vécue en termes d’éducation, concède Hilda El-Khoury, directrice de l’orientation pédagogique et scolaire au ministère de l’éducation. Au coronavirus s’ajoutent une crise économique très sévère, à la fois pour les enseignants, qui voient fondre la valeur de leur salaire, et pour les familles [la livre libanaise a plongé face au dollar et cette dépréciation se double d’une forte inflation], ainsi que les conséquences de la double explosion du mois d’août au port de Beyrouth. » Plus de cent écoles ont en effet subi des destructions légères ou majeures dans la capitale et ses environs.

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De nombreux écoliers du primaire n’ont plus rejoint les bancs de leur établissement depuis février, à la veille du premier confinement. Dans le public ou le privé (secteur que fréquentent la majorité des enfants), l’année passée avait été lourdement perturbée par la crise sanitaire, ainsi que par la suspension des cours pendant un mois, sur fond d’instabilité politique. Pour cette nouvelle année académique, tout a été chaotique depuis la rentrée : bouclages locaux imposant la fermeture d’écoles, retour ajourné ou annulé au dernier moment…

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L’isolement est difficile à vivre pour de nombreux jeunes. « On sent que des élèves ne supportent plus l’enseignement à distance. Ils ont besoin d’expérience, de terrain, de contacts », note Nayla Daoun, directrice de l’école religieuse des Trois-Docteurs, un établissement privé inclusif. Seuls les enfants à besoins spécifiques et ceux de maternelle avaient repris, très brièvement, le chemin de l’école, avant le reconfinement. « On a pu voir leur joie quand ils enlevaient leurs masques pour manger, souligne Eva Maria Massoud, enseignante. L’apprentissage social que l’on fait à l’école – communiquer, jouer… – est irremplaçable. Le manque d’interactions est très pénalisant pour les enfants. »

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