Au Kosovo, large victoire d’une coalition anticorruption

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Cette fois-ci, il tient une victoire claire qui devrait lui permettre de gouverner le Kosovo sans craindre d’être renversé. Après plus de vingt ans d’activisme qui l’ont mené plusieurs fois en prison, le leader de gauche nationaliste, Albin Kurti, a remporté largement les élections législatives kosovares, organisées de manière anticipée dimanche 14 février. A 45 ans, ce militant de toujours de la cause albanophone et de la lutte contre la corruption, brillant orateur décrit comme « communiste » par ses adversaires, va pouvoir prendre le pouvoir dans ce pays des Balkans de 1,9 million d’habitants, rongé par la corruption et qui doit encore lutter pour sa légitimité internationale.

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Selon des résultats basés sur 80 % des suffrages dépouillés, M. Kurti arrive largement en tête avec 48 % des voix, et devrait obtenir au moins une cinquantaine de sièges sur les 120 du Parlement de Pristina. Il devrait pouvoir compter sur les représentants des minorités ethniques pour compléter sa majorité.

Depuis l’indépendance en 2008, jamais un parti n’avait remporté une telle victoire. « Ces élections étaient plus qu’une élection, c’était un référendum, et on l’a largement gagné. On va certainement avoir un gouvernement sans inclure ceux qui doivent aller se réformer dans l’opposition », a-t-il déclaré, alors que ses partisans ont défilé tard dans la nuit dans les rues des grandes villes du Kosovo en brandissant les drapeaux albanais.

Pour cette élection, son parti « Autodétermination ! » (Vetëvendosje !, VV) avait conclu une alliance avec la présidente par intérim Vjosa Osmani, 38 ans. Issue de la Ligue démocratique du Kosovo (LDK, centre droit), cette féministe est aussi très populaire dans le pays pour sa volonté de lutter contre la corruption, qui l’a même menée à se faire exclure de la direction de sa formation d’origine. « Les citoyens du Kosovo ont puni la mauvaise gouvernance », a-t-elle déclaré aux côtés de M. Kurti dimanche soir.

Une légitimité acquise par Albin Kurti

Avec cette victoire historique, le duo tourne la page des commandants de l’UCK, le nom de la guérilla albanophone qui a obtenu l’indépendance du Kosovo de la Serbie, en 2008, et dont les dirigeants dominaient depuis lors la vie politique locale. Le parti de l’ancien commandant de l’UCK et ex-président du Kosovo, Hashim Thaçi, essuie ainsi une défaite inédite en obtenant seulement 19 % des voix. Celui-ci a dû par ailleurs suivre la victoire de son adversaire de toujours depuis sa cellule de Scheveningen, dans la banlieue de La Haye, aux Pays-Bas, où il attend son procès pour crime de guerre. De son côté, la LDK est laminée avec 13,9 % des voix, signe que nombre de ses électeurs ont préféré suivre Mme Osmani.

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