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Le Parlement du Kirghizistan a apporté, mercredi 14 octobre, son soutien au nationaliste Sadyr Japarov, nommé premier ministre la semaine dernière mais contesté, le pays cherchant à sortir de la crise dans laquelle il est plongé depuis de récentes élections.
Sadyr Japarov purgeait jusqu’en début de semaine dernière une peine de onze ans et demi de prison pour une tentative de prise d’otage d’un gouverneur régional en 2013. Il a été libéré par ses partisans et a profité du chaos politique dans ce pays d’Asie centrale pour tenter à plusieurs reprises d’obtenir le poste de premier ministre.
Le président Sooronbaï Jeenbekov avait jusqu’alors refusé de valider sa nomination à moins que le Parlement ne la confirme avec la majorité de voix requise par la loi et en présence de plus de la moitié des députés, ce qui a été fait mercredi. Le président Jeenbekov devrait donc maintenant valider sa nomination.
La plus instable des ex-républiques d’Asie centrale
La crise politique au Kirghizistan a commencé après des élections législatives début octobre, remportées par deux partis proches du chef de l’Etat mais entachées d’accusations de fraude. Ont suivi plusieurs jours de chaos et des violentes manifestations qui ont fait un mort et plus d’un millier de blessés, les protestataires occupant plusieurs bâtiments administratifs de la capitale Bichkek et libérant de prison des hommes politiques, dont M. Japarov.
A ce moment-là, le président Jeenbekov semblait avoir perdu le contrôle du pays et a même promis de démissionner. Mais sa position est devenue moins instable mardi après la visite de Dmitri Kozak, chef adjoint de l’administration présidentielle de la Russie. Ce dernier s’est entretenu avec Sadyr Japarov et Sooronbaï Jeenbekov.
Les deux hommes sont des adversaires politiques et M. Japarov appelait jusqu’à présent au départ du président. Mardi, le Parlement a d’ailleurs nommé comme président un proche allié de M. Jeenbekov, Kanat Issaïev, suggérant par là qu’un compromis avait été atteint.
Mercredi, quelque 500 supporteurs de M. Japarov ont néanmoins manifesté contre l’élection de M. Issaïev, réclamant qu’un allié de M. Japarov soit nommé à sa place.
Le Kirghizistan, la plus pluraliste mais aussi la plus instable des ex-républiques soviétiques d’Asie centrale, a déjà connu deux révolutions et vu trois de ses présidents emprisonnés ou exilés depuis son indépendance vis-à-vis de l’URSS, en 1991.
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