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Des milliers de personnes ont défilé, lundi 5 octobre, à Bichkek, capitale du Kirghizistan, à l’appel de plusieurs partis politiques qui n’ont obtenu aucun siège à l’issue d’élections parlementaires marquées par de possibles achats de voix. Lors de ces actions de protestation, qui ont eu lieu à différents endroits de la ville, certains partis réclamaient l’organisation d’un nouveau vote.
La police a dispersé des manifestants avec des grenades assourdissantes. Des dizaines de protestataires ont escaladé les grilles du siège du gouvernement dans le centre de Bichkek, amenant les forces de l’ordre à utiliser également des gaz lacrymogènes, a constaté une correspondante de l’Agence France-Presse (AFP).
« Les élections parlementaires kirghizes se sont bien déroulées dans l’ensemble et les candidats pouvaient faire campagne librement. Mais des allégations crédibles d’achats de voix suscitent une inquiétude sérieuse », a affirmé Thomas Boserup, chef de la mission de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) venue observer les élections. Il a également noté que les « protocoles sanitaires n’avaient pas été toujours appliqués systématiquement », malgré l’envolée des cas de Covid-19 dans le pays cet été.
Des formations politiques proches du président prorusse, Sooronbay Jeenbekov, ont dominé le scrutin de dimanche dans cette ex-république soviétique d’Asie centrale, réputée connaître un certain pluralisme, mais régulièrement secouée par des crises politiques.
Le parti proprésidentiel devrait se maintenir au Parlement
Les partis Birimdik et Mekenim Kirghizstan, favorables à une intégration renforcée de Bichkek au sein de l’Union économique eurasiatique promue par Moscou, ont remporté chacun 25 % des voix, après dépouillement de 98 % des bulletins.
Birimdik compte dans ses rangs le frère cadet du président, tandis que Mekenim Kirghizstan est soupçonné de représenter les intérêts du clan de Rayimbek Matraïmov, un ancien responsable visé par des manifestations anticorruption l’année dernière.
Le Parti du Kirghizistan, proche du président, devrait également se maintenir au Parlement avec plus de 8 % des voix. Deux autres formations, l’une nationaliste et l’autre fondée par un ex-premier ministre, attendent de savoir si elles ont passé le seuil de 7 % requis pour entrer au Parlement.
Les trois partis ayant échoué à atteindre ce seuil ont organisé deux manifestations lundi, l’une ayant réuni quelques centaines de personnes et l’autre plusieurs milliers. Au cours de l’une d’elles, un candidat d’un parti d’opposition a promis de rassembler « 20 000 à 30 000 personnes et renverser pacifiquement » le gouvernement, suscitant les applaudissements de la foule.
Entouré de régimes autoritaires, le Kirghizistan, pays pauvre et montagneux, fait figure d’exception démocratique en Asie centrale, même si les transitions politiques ont toujours été houleuses. Du fait de la pandémie de Covid-19, des observateurs ont toutefois craint, cette année, des achats de voix dans un contexte économique difficile pour la population.
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