Au Canada, un projet de gazoduc réveille la contestation des populations autochtones

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Des membres de la communauté autochtone des Mohawks bloquent une ligne de chemin de fer à Belleville, dans la province canadienne de l’Ontario, le 8 février. Ils protestent ainsi contre le projet de gazoduc Coastal GasLink en Colombie-Britannique.
Des membres de la communauté autochtone des Mohawks bloquent une ligne de chemin de fer à Belleville, dans la province canadienne de l’Ontario, le 8 février. Ils protestent ainsi contre le projet de gazoduc Coastal GasLink en Colombie-Britannique. ALEX FILIPE / REUTERS

La contestation autour d’un projet de gazoduc qui traverse le territoire de la communauté autochtone des Wet’suwet’en, situé en Colombie-Britannique, menace de paralyser une partie de l’activité économique du Canada. Ce gazoduc de la compagnie Coastal GasLink doit relier le nord de la Colombie-Britannique au terminal côtier du consortium LNG Canada, situé à Kitimat sur un bras de mer donnant accès à l’océan pacifique.

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Depuis jeudi 6 février, des opposants multiplient les manifestations et les actions de blocage à travers le pays en soutien à cette communauté opposée au passage du pipeline sur son territoire. Des voies ferrées sont bloquées en plusieurs points du réseau national, en Colombie-Britannique et, à l’Est, en Ontario ou au Québec.

Promesses d’emplois

A une centaine de kilomètres de Montréal, une poignée de manifestants empêche, depuis lundi 10 février, la circulation des trains. Les transports de passagers sont interrompus entre Toronto, Montréal et Ottawa et des centaines de trains de marchandises sont à l’arrêt. Le trafic vers les Etats-unis est également stoppé. Lundi, le PDG du Canadien National (Compagnie des chemins de fer nationaux) mettait en garde contre les répercussions d’une telle entrave. « C’est la chaîne d’approvisionnement tout entière qui est touchée », s’inquiétait-il, mettant en avant une probable pénurie à court terme de biens de consommation courante ou de ressources, telles que le propane, nécessaires à la bonne marche des entreprises.

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Ce projet de Coastal GasLink, lancé en 2012 pour un coût global de 6,6 milliards de dollars canadiens (4,6 milliards d’euros), doit permettre, d’ici à 2025, d’exporter vers le marché asiatique près de 700 000 litres de gaz liquéfié par jour. Le tracé du gazoduc de 670 km de long a reçu l’approbation des chefs élus des communautés autochtones, en échange de reversement de bénéfices et de promesses d’emplois pour les autochtones. Mais les chefs dits « héréditaires » de la nation des Wet’Suwent’en n’ont pas donné leur aval au projet. Or, ils s’estiment seuls compétents sur leur territoire traditionnel.

Ces dissensions au sein d’une communauté soulèvent la question de la légitimité de leurs instances de décision, mais compliquent aussi le dialogue avec les autorités politiques et l’entreprise. Le 31 décembre dernier, la Cour Suprême de Colombie-Britannique a néanmoins délivré une injonction interdisant aux opposants d’entraver l’accès aux chantiers de construction. Une décision sur laquelle s’est appuyée la Gendarmerie royale du Canada pour procéder, en fin de semaine dernière, à des arrestations sur le territoire des Wet’Suwet’en qui ont mis le feu aux poudres.

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