Au Brésil, des élections municipales aux allures de test pour Jair Bolsonaro

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Jair Bolsonaro, à Brasilia, le 10 novembre.

Elles vont finalement bien avoir lieu. Initialement prévues pour le mois d’octobre et reportées pour cause de pandémie, des élections municipales seront donc organisées dimanche 15 novembre au Brésil. En pleine crise du Covid-19, il ne s’agira rien de moins que du premier test électoral de l’ère Jair Bolsonaro, deux ans après l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir à Brasilia.

Environ 147 millions d’électeurs devront désigner les maires et conseils municipaux de quelque 5 500 villes de ce pays. L’élection se jouera au premier tour dans la quasi-totalité des municipalités, un second tour n’étant prévu pour le 29 novembre que dans les 95 villes du pays dont la population dépasse les 200 000 habitants.

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Pandémie, crash économique, déscolarisation massive, inégalités en hausse… la tâche des nouveaux élus sera immense. Et pourtant, c’est une bien terne campagne qui s’achève au Brésil. Huit mois après le début de l’épidémie, le géant latino-américain est toujours aux prises avec le Covid-19 (163 000 victimes officielles). Résultat : point de meetings, peu de débats, et encore moins d’effervescence. Pour éviter les contaminations, la campagne s’est déroulée pour l’essentiel sur les réseaux sociaux.

Campagne sanglante

Le scrutin a certes connu son lot de candidatures interlopes – un classique. Parmi les prétendants au poste de conseiller municipal on a ainsi relevé une « Capitaine Chloroquine » à Rio, un « Mario Smoke » (promarijuana) à Recife ou encore un Power Ranger vert dans le Minas Gerais. Au-delà du folklore, 2020 fut aussi, loin des caméras, une campagne sanglante. Selon le Centre d’étude de sécurité et de citoyenneté, 82 militants et candidats ont ainsi été assassinés depuis le début de l’année.

Signe d’une vie politique qui s’ouvre peu à peu sur la diversité, une majorité de candidats au poste de maire ou de conseiller municipal qui se sont déclarés cette année sont noirs ou métis (51 % sur 526 000 prétendants) et le pays n’a jamais compté autant de femmes candidates (34 % du total). Le nombre de militaires a, quant à lui, bondi de 12,5 % par rapport à 2016 (certains posant arme à la main sur leurs affiches) et celui des pasteurs évangéliques de 34 %, selon les décomptes du journal Correio Braziliense. Preuve qu’une vague conservatrice et sécuritaire déferle bel et bien sur la société brésilienne.

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Les élections locales permettront-elles de tirer des enseignements nationaux ? Le président Jair Bolsonaro ne s’est que très peu investi dans la campagne et a tout fait pour éviter de nationaliser le scrutin. Le chef de l’Etat, qui s’est posé en champion de l’économie et de la réouverture des commerces, sort pour l’instant renforcé de la crise du Covid, avec une popularité record, oscillant entre 37 % et 40 % d’opinions favorables. « Bolsonaro n’a pas voulu gâter tout cela en s’engageant de front dans la campagne, où il ne pouvait que perdre des plumes », résume le politoliste Paulo Baia, professeur à l’université de Rio de Janeiro.

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