Andy Burnham, la nouvelle « voix » du Nord de l’Angleterre, défie le pouvoir central

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Le maire du Grand Manchester, Andy Burnham, lors d’une conférence à Manchester, le 20 octobre.

Quelques passants s’assemblent sur St Peter’s Square, la vaste esplanade face à l’énorme rotonde néoclassique de la Central Library (la bibliothèque centrale), véritable épicentre de Manchester. C’est l’heure de la pause déjeuner, et aussi celle de l’ultimatum qu’a donné le premier ministre Boris Johnson aux élus rebelles de la métropole du nord-ouest de l’Angleterre, qui depuis maintenant dix jours, ce mardi 20 octobre, mettent en échec sa stratégie régionale de lutte contre la pandémie. Ils refusent toujours d’être placés dans la catégorie « alerte maximale », avec fermeture des pubs, des cafés et des casinos à la clé.

« La semaine dernière, c’est là qu’Andy Burnham [le maire du Grand Manchester] a tenu sa conférence », explique Ben, masque noir et cheveux poivre et sel. « Compenser à seulement deux tiers de leur salaire ceux travaillant pour les commerces qui vont fermer, c’est n’importe quoi [c’est le soutien financier qu’a proposé Londres]. On voit bien que Boris Johnson et Rishi [Sunak, son chancelier de l’Echiquier] ne s’imposent pas un pareil traitement, on ne peut pas vivre avec cela ! », enchaîne cet homme, travaillant dans une salle de concert à Salford, banlieue du nord de Manchester, qui préfère taire son nom de famille.

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« Le niveau d’alerte maximum ne va rien changer à la progression de l’épidémie. A tout prendre, un confinement national de deux semaines [comme vient de le décider le Pays de Galles], ce serait plus efficace, et plus juste. » Derrière lui, Mark, un autre Mancunien attend lui aussi « Andy » de pied ferme, et met carrément en doute la réalité des chiffres avancés par le ministre de la santé Matt Hancock pour justifier le passage de Manchester en alerte maximale : « Les hôpitaux ne sont pas plus pleins que d’habitude, c’est juste une manière d’oppresser les classes populaires. »

On aperçoit toute proche l’ex-gare de Manchester Central, reconvertie en centre des conférences dans les années 1980 et en cours d’aménagement pour devenir un des hôpitaux Nightingale, ces établissements censés absorber le pic épidémique – il est encore vide. « Vous savez où vous vous trouvez, là, précisément ? », ajoute Mark, très en verve : « C’est là qu’a eu lieu le massacre de Peterloo. » Le 16 août 1819, la cavalerie chargea une manifestation pacifique qui réclamait une meilleure représentation de la région au Parlement de Londres, dix-huit personnes périrent.

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