Alexeï Navalny condamné à trois ans et demi de prison en Russie, ses soutiens appellent à manifester

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Le leader d’opposition Alexei Navalny au tribunal, Moscou (Russie), le 2 février 2021.

Une nouvelle étape a été franchie dans le durcissement du régime de Vladimir Poutine, mardi 2 février, avec l’envoi en prison de son principal opposant. Le sort d’Alexeï Navalny a été tranché par un tribunal moscovite excentré et transformé en forteresse. L’opposant a été condamné à une peine de trois ans et demi, pour avoir violé une mesure de contrôle judiciaire durant la période où il était en convalescence en Allemagne, après avoir été victime d’un empoisonnement. En vertu de la période qu’il a passée sous le régime de l’assignation à résidence dans la même affaire, la peine effective est de deux ans et huit mois.

La décision a été rendue dans le même climat survolté qui caractérise les actions des autorités russes depuis le retour au pays de l’opposant. Le lieu de l’audience a été modifié au dernier moment, tout comme l’avait été l’aéroport de son arrivée, le 17 janvier, et le tribunal finalement retenu a fait l’objet d’un déploiement de force conséquent pour tenir à distance journalistes et soutiens de M. Navalny. Plus de 300 d’entre eux, parfaitement pacifiques, ont été détenus avant même le prononcé du verdict, et de nombreux journalistes arrêtés. Les grandes villes russes ont elles aussi été bouclées dans la soirée, alors que les soutien d’Alexeï Navalny ont appelé à manifester à Moscou.

La présence de diplomates étrangers à l’audience a été relayée par les médias fédéraux, comme un signe de la « soumission » de l’opposant à des donneurs d’ordre étrangers.

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« Signes de faiblesse »

Sur la place Rouge à Moscou, le 2 février.

Jusqu’à la lecture du verdict, M. Navalny n’a été montré que quelques secondes dans sa cage en verre, les caméras étant, de manière inhabituelle, interdites. Ses échanges avec la cour ont toutefois été retranscrits, comme ses « derniers mots » prononcés avant l’énoncé du verdict. Comme il l’a toujours fait, l’opposant a utilisé cette rare tribune pour lancer une charge cinglante contre Vladimir Poutine.

« Quelqu’un a décidé que je ne devais pas faire un pas en homme libre sur le sol de notre pays, a-t-il dénoncé. Et nous savons qui, nous en savons la raison : la haine et la peur d’un homme. (…) Le petit voleur dans son bunker (…) voudrait apparaître comme un grand géopoliticien et son ressentiment envers moi vient du fait qu’il restera dans l’histoire comme un empoisonneur. Il y eut Alexandre le Libérateur ou Iaroslav le Sage. Nous aurons Vladimir l’Empoisonneur de slips. » Il a terminé ce discours en prévenant : « La Garde nationale, cette cage, ce sont des signes de faiblesse. Vous ne pourrez pas emprisonner tout le pays. »

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