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Mike Pompeo a le sens de la provocation pour appuyer son propos. En visite au siège new-yorkais des Nations unies, jeudi 20 août, il a accusé les Européens de faire le jeu des « ayatollahs » d’Iran. Le chef de la diplomatie américaine réagissait ainsi au refus catégorique et immédiat des Européens de cautionner sa croisade, en vue d’un rétablissement des sanctions contre Téhéran. Mike Pompeo venait à l’ONU pour enclencher la première étape d’un mécanisme très controversé. Le ton est monté de manière exceptionnelle entre diplomates américains et européens.
Washington le laissait entendre depuis plusieurs mois : pour protester contre les violations répétées par Téhéran, depuis un an, de ses obligations en matière nucléaire, il souhaite activer le « snapback », un mécanisme prévu dans le cadre de l’accord de 2015 – connu sous le nom de JCPoA (Joint Comprehensive Plan of Action). Celui-ci prévoyait un retour quasi automatique des sanctions onusiennes au cas où l’Iran n’aurait pas honoré ses engagements. Parmi elles, l’embargo sur les armes et les sanctions liées à l’enrichissement d’uranium.
A défaut de protocole précis dans le JCPoA pour déclencher le « snapback », les Etats-Unis ont improvisé. Le chef de la diplomatie est arrivé accompagné de l’ambassadrice américaine à l’ONU, Kelly Craft, et d’un aréopage de son cabinet. Il avait d’abord rendez-vous avec le secrétaire général des Nations nnies, Antonio Guterres. Puis il a remis en mains propres à l’ambassadeur indonésien, Dian Triansyah Djani, qui préside ce mois-ci le Conseil de sécurité, une lettre notifiant le « non-respect notable par l’Iran de ses engagements » prévus par le texte, dont la vocation était d’empêcher Téhéran de se doter de la bombe atomique.
Empêcher toute réhabilitation du JCPoA
Les Etats-Unis se sont retirés de l’accord de façon unilatérale, en mai 2018, entraînant par la suite une escalade graduelle côté iranien, sur la quantité d’uranium enrichi et les capacités de recherche et de développement. Aujourd’hui, Washington prétend utiliser le mécanisme en tant que pays signataire de l’accord de Vienne, en invoquant la résolution 2231 : adoptée peu après le JCPoA, elle en désignait en effet tous les signataires initiaux : Etats-Unis, Union européenne, Chine, Russie, France, Grande-Bretagne, Allemagne et Iran.
Mais Donald Trump avait décidé par la suite de sortir son pays du JCPoA, en n’ayant pas de mots assez durs pour dénoncer ses manques. Dans le cadre de son sabordage des acquis multilatéraux de l’époque Obama, il affirmait qu’il serait en mesure d’obtenir un bien meilleur accord avec les Iraniens. A deux mois de l’élection présidentielle américaine, pourtant, l’isolement diplomatique américain est la principale issue de cette démarche chaotique. L’objectif réel de Mike Pompeo est simple : empêcher, en cas de victoire de Joe Biden, toute réhabilitation du JCPoA.
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