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Alors que Mike Pompeo assénait, jeudi 19 novembre, un camouflet aux Palestiniens en visitant une colonie israélienne en Cisjordanie occupée, une autre réunion s’achevait, non loin de là. Drôle de coïncidence, mais l’Autorité palestinienne (AP) n’avait pas le choix. « Aujourd’hui, j’ai tenu un meeting avec les Israéliens, a fait savoir sur Twitter Hussein Al-Sheikh, ministre des affaires civiles palestinien. Il a été convenu de transférer tous les prélèvements à l’Autorité palestinienne. » Les Israéliens vont donc reverser des centaines de millions de dollars de taxes et droits de douane que l’Etat hébreu récolte chaque mois pour le compte des Palestiniens, ces derniers n’ayant pas le contrôle de leurs frontières.
Depuis mai, pour protester contre les menaces d’annexion d’une partie de la Cisjordanie occupée par Israël, Ramallah avait coupé toute coopération avec les Israéliens, refusant aussi de récupérer cet argent, qui lui revient de droit. Le sacrifice n’était pas anodin : Ramallah peinait, depuis, à payer les salaires des fonctionnaires, ces taxes et droits de douane représentant plus de 60 % de son budget.
Officiellement, les responsables palestiniens ont accepté de renouer la coopération après avoir reçu des garanties qu’Israël respecterait les accords signés. « Pour nous, c’est un pas important dans la bonne direction », a commenté le premier ministre, Mohammad Shtayyeh, brandissant la lettre envoyée par les Israéliens lors d’une interview vidéo.
Donner des gages à Washington
L’Autorité palestinienne entend surtout donner des gages de sa bonne volonté à Joe Biden, dans l’espoir de renouer avec Washington, après quatre désastreuses années de présidence Trump. Les responsables palestiniens ont également fait savoir qu’ils allaient envoyer leurs ambassadeurs aux Emirats arabes unis et à Bahreïn, après les avoir rappelés pour consultation lorsque les deux monarchies du Golfe avaient annoncé des accords de normalisation avec Israël.
« L’Autorité palestinienne cherchait un prétexte. Elle n’avait pas le choix, sans les revenus des taxes et droits de douane, elle n’aurait pas pu continuer », commente Nasser Abdel-Karim, professeur d’économie à l’université arabe américaine de Jénine, en Cisjordanie. Il constate que les gains politiques depuis mai sont « nuls » pour Ramallah. « L’existence de l’Autorité palestinienne dépend du maintien d’un certain statu quo, et l’élection de Joe Biden donne le souffle nécessaire pour revenir au statu quo d’avant », évitant ainsi aux responsables palestiniens de s’engager vers de vraies élections démocratiques, abonde Inès Abdel Razek, directrice du plaidoyer au Palestine Institute for Public Diplomacy.
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