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Plus qu’une semaine avant l’élection « la plus importante de nos vies », a dit, mardi 27 octobre, l’ancien président Barack Obama, qui a appelé les démocrates à voter en masse pour priver Donald Trump d’un second mandat, alors que le président républicain multiplie les meetings dans l’espoir de susciter un ultime retournement de tendance.
Alors que 67 des plus de 230 millions d’Américains ont déjà voté (un tiers en personne et deux tiers par courrier), un record historique, le candidat démocrate Joe Biden et Donald Trump font chacun campagne dans des Etats normalement considérés acquis pour les républicains, signe de l’immense défi dressé devant le président.
De Washington à Las Vegas, en passant par le Michigan, le Wisconsin et le Nebraska : comme d’habitude, c’est Donald Trump qui a prévu la journée de meetings la plus dense. Son rival se déplacera lui uniquement dans l’Etat de Géorgie, dans le Sud conservateur où encore récemment personne n’aurait envisagé que M. Trump puisse être battu.
Nombriliste et incompétent
Mais l’ex-magnat de l’immobilier, si l’on se fie aux sondages qui le donnent à la traîne, pourrait avoir de mauvaises surprises le 3 novembre dans certains bastions républicains. Parmi lesquels l’une des trois circonscriptions du Nebraska, qui n’a pas voté démocrate depuis… Barack Obama en 2008.
Ce dernier est de retour sur les estrades pour la dernière ligne droite avant l’élection, et il a repris mardi son réquisitoire cinglant contre le milliardaire, qu’il juge nombriliste et incompétent. « Ce président réclame tout le crédit pour une économie dont il a héritée, et rejette toute responsabilité pour une pandémie qu’il a ignorée », a lancé Barack Obama à Orlando en Floride, dans un nouveau meeting « drive-in », où les participants étaient en voiture.
Il a de nouveau agité le spectre d’une répétition de l’élection de 2016, quand Hillary Clinton, en avance dans les sondages, avait finalement perdu à la surprise générale. « La dernière fois, nous nous sommes reposés sur nos lauriers. Les gens ont été un peu paresseux, ils croyaient que c’était gagné d’avance, et regardez ce qu’il s’est passé », a dit Barack Obama.
Ces paroles piquent apparemment au vif Donald Trump, qui s’en est plaint juste avant de monter dans son hélicoptère. « Il est tout le temps sur Fox », a noté le président, en parlant de Fox News, sa chaîne de prédilection.
Indéniable victoire politique
Le milliardaire républicain a pourtant engrangé une indéniable victoire politique, la veille : la nomination de la juge conservatrice Amy Coney Barrett à la Cour suprême des Etats-Unis a été confirmée par le Sénat. Au terme d’une procédure menée au pas de charge, profitant d’une majorité sénatoriale républicaine menacée de voler en éclats le 3 novembre, le président a réussi son pari et cimenté à droite, possiblement pour des décennies, l’institution qui tranche les grandes questions de société aux Etats-Unis. M. Trump a fait entrer trois juges à la haute cour en moins de quatre ans, et la majorité conservatrice dispose donc de six sièges sur neuf. La Cour suprême a aussi le dernier mot en cas de litige électoral, une éventualité qui soulève des inquiétudes tant le président veut accréditer la thèse infondée d’un scrutin déjà entaché de fraudes à grande échelle, du fait de l’importance prise par le vote par correspondance.
La dernière semaine de campagne pourrait voir revenir en force une question taraudante dans la société américaine : celle des brutalités policières et du racisme à l’encontre de la population noire, qui a agité le pays après la mort de George Floyd fin mai à Minneapolis.
La ville de Philadelphie a en effet été le théâtre dans la nuit de lundi à mardi d’une flambée de violence, après qu’un Afro-Américain de 27 ans souffrant de problèmes psychologiques eut été abattu par des policiers. La police de la plus grande ville de Pennsylvanie a assuré que la victime tenait un couteau. Dans un communiqué adressé à l’Agence France-Presse, les forces de l’ordre ont affirmé compter 30 agents blessés dans les affrontements qui ont suivi l’homicide.
De récents faits similaires, dénoncés par le mouvement Black Lives Matter (« Les vies des Noirs comptent »), ont suscité des réponses extrêmement contrastées de la part de MM. Biden et Trump, le premier promettant des mesures pour endiguer les injustices subies par les minorités raciales, le second condamnant un chaos selon lui orchestré par les démocrates.
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