A Taïwan, l’ensemble des forces politiques voient Pékin comme une menace

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La présidente taïwanaise, Tsai Ing-wen (au centre), lors d’une visite à la base navale Zuoying à Kaohsiung, dans le sud de l’île, le 26 septembre.

A Taïwan, le Kouomintang (KMT), principal parti de l’opposition, souvent qualifié de « pro-Pékin », vient spectaculairement de prendre ses distances avec la Chine communiste. Mardi 6 octobre, il a proposé deux résolutions au Parlement qui, fait exceptionnel, ont été adoptées à l’unanimité. Jugeant que « le Parti communiste chinois menace la sécurité et le système socio-économique de Taïwan », la première résolution recommande au gouvernement de « convaincre activement le gouvernement américain (…) d’aider notre pays à résister à travers des méthodes diplomatiques, économiques et directement militaires ». La deuxième résolution stipule que la présidente Tsai Ing-wen, présidente du DPP, le Parti démocrate progressiste, « devrait considérer la restauration des relations diplomatiques entre les Etats-Unis et la République de Chine comme l’objectif de la diplomatie avec les Etats-Unis ».

Conformément à leur politique d’« une seule Chine », les Etats-Unis ne reconnaissent plus la République de Chine, nom officiel de Taïwan, depuis 1979 et l’établissement de relations formelles avec Pékin. Ils se sont néanmoins engagés cette année-là, non pas à défendre l’île en cas d’agression de la Chine populaire mais à fournir à Taïwan les moyens de se défendre. Donald Trump est allé bien plus loin que ses prédécesseurs en faisant adopter quatre nouvelles lois de soutien à Taïwan et en envoyant récemment à Taipei deux membres importants de son administration, le secrétaire à la santé Alex Azar et Keith Krach, sous-secrétaire d’Etat à la croissance économique. Par ailleurs, les Etats-Unis se sont engagés à fournir à Taïwan des missiles lui permettant de mieux contrer une éventuelle attaque de l’aviation chinoise.

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De son côté, Pékin multiplie désormais les incursions militaires dans l’espace aérien de Taïwan. En septembre, un porte-parole du ministère des affaires étrangères a indiqué que la Chine ne reconnaissait pas la ligne médiane qui sépare le détroit des deux rives. Sans reconnaître formellement celle-ci, Pékin ne l’avait jamais franchie de 1999 à 2019. Elle l’a fait cette année à plusieurs reprises.

Consensus sur « une seule Chine »

Créé en 1912, le Kouomintang, parti nationaliste chinois, s’était replié sur Taïwan à l’arrivée des communistes à Pékin en 1949 pour y instaurer une féroce dictature anticommuniste. Depuis, il y a toujours exercé le pouvoir, à l’exception des années 2000-2008 et surtout depuis 2016, date où il a pour la première fois perdu le contrôle du Parlement. Lorsqu’il était au pouvoir, et alors que Taïwan était en cours de démocratisation, il s’est entendu avec Pékin sur le « consensus de 1992 », un communiqué dans lequel les deux parties reconnaissaient qu’il n’y a qu’une seule Chine, sans plus de précision. Le KMT indiquait qu’il n’y avait pas consensus sur la définition de celle-ci, Pékin restait silencieux sur ce point. Tout comme Pékin, le KMT reproche à la présidente Tsai Ing-wen, favorable au maintien du statu quo actuel, de ne pas reconnaître ce « consensus ».

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