A Singapour, le parti au pouvoir sort victorieux mais affaibli du scrutin législatif

0
83

[ad_1]

Le premier ministre singapourien, Lee Hsien Loong, le 11 juillet.

Victorieux mais affaibli : le Parti d’action populaire (PAP), au pouvoir sans discontinuer depuis l’indépendance de Singapour, en 1965, a remporté sans surprise les élections législatives du vendredi 10 juillet, mais a dû concéder à l’opposition parlementaire son meilleur score depuis toujours. Le résultat pourrait amener le régime singapourien, dont la légitimité repose historiquement sur sa capacité à assurer la stabilité de son « modèle » socio-économique, à faire preuve d’un peu plus d’introspection.

Avec 61,1 % des voix, le PAP réalise certes une performance dont rêverait plus d’un parti politique européen. Mais dans cette république singapourienne dominée par la surpuissance d’un Etat-parti aux tendances volontiers répressives, les résultats ont dérouté les observateurs : le Parti des travailleurs (WP), une formation sociale-démocrate, a remporté dix des 93 sièges de l’Assemblée nationale. Il disposait déjà de six sièges au Parlement, et sera à nouveau le seul parti d’opposition à avoir des députés. Et en comparaison avec les résultats du dernier scrutin de 2015, où le PAP au pouvoir avait engrangé près de 70 % des voix, le parti dominant marque le pas.

« Notre victoire est sans conteste, mais les résultats reflètent l’anxiété ressentie par les Singapouriens en cette période de crise, les pertes de revenu et la crainte du chômage », a reconnu, lors d’une conférence de presse, le premier ministre Lee Hsien Loong, à la tête du gouvernement depuis 2004. Agé de 68 ans, il avait laissé entendre depuis quelques mois son intention de passer la main d’ici son soixante-dixième anniversaire. Mais en cette période de récession « post-Covid », alors que l’on prévoit un recul important du PIB de l’un des pays les plus riches d’Asie, il est possible que le premier ministre ne soit tenté de profiter un peu plus longtemps de ses cinq ans de mandat.

« Garder la tête froide »

Les jeunes, a ajouté M. Lee, « veulent voir une présence accrue de l’opposition au Parlement ». Une manière indirecte de reconnaître le fait que les nouvelles générations se sont un peu lassées du système instauré par le père de l’actuel chef du gouvernement et fondateur de la république, Lee Kwan Yew. Le patriarche est mort en 2015 à l’âge de 91 ans. Et sa « dynastie » aussi a pris de l’âge.

Des militants du Parti des travailleurs, principale formation d’opposition à Singapour, le 11 juillet.

Le Parti des travailleurs, par la voix de son secrétaire général Pritam Singh, a demandé à ses partisans de « garder la tête froide ». Cette formation, qui va désormais occuper une place inédite dans l’histoire de l’opposition parlementaire singapourienne, a préféré adopter une stratégie de dialogue avec le système plutôt que de s’en tenir à l’attitude plus confrontationnelle choisie par d’autres partis d’opposition. « Je peux vous assurer que notre but est de servir Singapour et ceux qui ont voté pour nous comme ceux qui ont voté pour nos adversaires », a ajouté M. Singh, qui fait partie de la minorité indienne (9 % de la population). La composition ethnique du minuscule Etat se répartit également en 73 % de Chinois et 13 % de Malais.

Il vous reste 32.13% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

[ad_2]

Source link

Have something to say? Leave a comment: