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A Portland (Oregon), chaque jour apporte son lot d’images illustrant les tensions persistantes entre les forces de l’ordre envoyées sur place par le gouvernement fédéral et les manifestants, qui protestent depuis des semaines contre les violences policières et le racisme : une femme dansant, un bouquet d’hortensias à la main, arrêtée par un groupe d’hommes en uniformes paramilitaires siglés « Police » ; le maire démocrate de la ville, Ted Wheeler, suffoquant sous les gaz lacrymogènes ; une femme entièrement nue, jambes écartées, faisant reculer un cordon de policiers… Ou bien encore ce « mur de mères », une rangée de femmes de tous âges vêtues de tee-shirts jaunes ou orange, coiffées de casques de vélo, tentant de protéger les manifestants des assauts des forces de l’ordre.
Les heurts, accompagnés d’arrestations et de détention dans des camionnettes banalisées, ont amené, vendredi 24 juillet, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme à mettre en garde les Etats-Unis contre un « usage disproportionné » de la force et de possibles « détentions arbitraires ». Jeudi, un juge américain avait par ailleurs interdit aux forces de l’ordre fédérales présentes dans la ville de s’en prendre aux journalistes, spécifiquement visés les jours précédents.
Alors que les manifestations organisées après la mort de George Floyd à Minneapolis (Minnesota) sous le genou d’un policier blanc, le 25 mai, se sont peu à peu taries à travers le pays, la population de Portland, majoritairement blanche, a poursuivi sa mobilisation, parfois ponctuée de débordements. C’est ce point de fixation qu’a saisi le président américain Donald Trump, il y a une dizaine de jours, pour expérimenter sa nouvelle politique visant à assurer « la loi et l’ordre », un slogan désormais au cœur de sa campagne électorale.
Des tensions exacerbées
Depuis quelques jours, son équipe de campagne diffuse des publicités politiques décrivant des violences urbaines et exagérant les appels à couper les budgets de la police, lancés par certains manifestants. Le président américain n’a jamais reconnu le caractère largement pacifique des manifestations antiracistes. « On a dû aller à Portland, car ce sont des anarchistes », a de nouveau justifié M. Trump, jeudi. Ils voulaient détruire le tribunal, un merveilleux tribunal fédéral. Alors on y est allés et on a été très, très durs. »
Sur place, l’arrivée de forces de l’ordre non identifiées issues de plusieurs agences fédérales, pour certaines militarisées et peu formées au maintien de l’ordre, a, au contraire, exacerbé les tensions. Et les scènes quotidiennes de répression policière pourraient, à terme, avoir les effets inverses de l’image escomptée : celle d’un gouvernement responsable, maîtrisant la situation.
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