A Phuket, l’industrie touristique mise en veilleuse

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Sur la plage quasi déserte de Patong, à Phuket (sud de la Thaïlande), le 1er octobre.

Bars à l’abandon, hôtels fermés, restaurants désertés, rues aux trois quarts vides : Phuket, dans les zones autrefois dévolues au tourisme de masse – principalement sur les plages de la côte Ouest – a pris des allures d’île fantôme en ces temps de Covid-19. Si la pandémie a largement épargné la Thaïlande et ses habitants (60 morts pour une population de 69 millions d’habitants), le virus a mis en veilleuse l’industrie touristique, qui représente 20 % du produit intérieur brut du royaume.

Phuket, la célèbre « perle de la mer d’Andaman », est l’une des principales victimes thaïlandaises de cet effondrement. Au fil des ans, elle avait pris le risque de lier principalement son économie à l’arrivée toujours plus massive de visiteurs étrangers. Selon le quotidien Bangkok Post, le tourisme avait généré pour l’île, en 2017, des revenus d’environ 385 milliards de bahts, soit un peu plus de 10 milliards d’euros. La somme correspondait à 14 % des sommes engrangées par le secteur du business de l’hospitality dans tout le royaume. L’île paie aujourd’hui, et au prix fort, sa dépendance passée.

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« Il y a de quoi désespérer », constate, avec une moue amère, Sarayuth Mallam, vice-président de la Phuket Tourist Association, une organisation dont les membres sont des voyagistes, des hôteliers et des restaurateurs. « Depuis la fermeture des frontières, en mars, on est à zéro fréquentation de visiteurs étrangers venus d’outre-mer », poursuit-il. « Il nous faut donc compter sur les expatriés et les touristes thaïlandais du continent qui profitent des prix cassés et de chambres d’hôtels parfois subventionnés à 40 % par le gouvernement. Mais ce ne sera pas suffisant pour compenser les pertes. »

« Au début, on croyait que ça allait durer deux mois »

Les chiffres sont révélateurs : en 2019, sur les 14 millions de touristes venus à Phuket, 4 millions seulement étaient thaïlandais. Parmi les étrangers, on comptait 2 millions de Chinois (et presque 300 000 Français), d’après la Tourism Authority of Thailand. Ces temps sont révolus et personne – y compris le gouvernement – ne sait quand et dans quelles conditions un retour à la normale sera possible.

« Au début, on croyait que ça allait durer deux mois », remarque le Français Yohan Cardinal, propriétaire d’un catamaran qui emmenait, jusqu’au printemps, et en musique, 70 voyageurs pour une journée de croisière en mer d’Andaman. « On travaillait sept jours sur sept et pratiquement douze mois sur douze, avec juste quelques semaines d’interruption au plus fort de la saison des pluies », se souvient, nostalgique, le directeur du Hype Boat Club, sorte de « boîte de jour » navigante, où l’on faisait la fête jusqu’au crépuscule. Il recourt désormais à la privatisation de son bateau par des bourgeois thaïlandais venus du continent. Toutefois, cela ne suffira pas à lui permettre de revenir au niveau de revenu des jours heureux…

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