à New Delhi, le retour de la pollution amplifie les effets du virus

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Un « pistolet anti-pollution » à New Dehli, le 5 octobre. Le système projette de l’eau pour faire disparaître les particules fines et les poussières.

La pollution est de retour à New Delhi, et le pire est à venir. Visible à l’œil nu, une brume de particules fines voile le ciel, efface les monuments de l’horizon et empeste l’atmosphère. Comme chaque automne, l’arrivée de cet air vicié est la conséquence des milliers de feux allumés dans les champs de l’Haryana et du Pendjab, les Etats frontaliers. Les agriculteurs y brûlent les résidus de leur récolte de blé et de riz, le chaume, pour pouvoir rapidement planter de nouvelles semences. Ils disposent d’une dizaine de jours pour préparer leurs champs. Les fumées convergent vers la capitale indienne et l’asphyxient. Pour lutter contre ce fléau, le gouvernement central a promis, depuis plusieurs années, des aides à la mécanisation mais, bien souvent, les subventions n’arrivent pas jusqu’aux paysans.

Ces fumées s’ajoutent à la pollution intra-muros générée par les chantiers de construction, le trafic automobile, la poussière des routes, l’industrie et les centrales thermiques. La situation va se dégrader avec le froid de l’hiver, qui plaque au sol les polluants.

Mortalité accrue

Or, cette année, scientifiques et médecins redoutent les effets conjugués de la pollution de l’air et de l’épidémie de Covid-19. Soumis à une exposition chronique depuis des années, de nombreux Delhiens souffrent de maladies respiratoires, leur organisme fragilisé les rend plus vulnérables en cas d’infection. La très grande majorité de la population n’a pas les moyens d’acquérir des purificateurs d’air ou des masques antipollution. Ils respirent, en continu, particules fines, très fines et autres polluants toxiques, dioxyde de soufre et dioxyde d’azote.

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Plusieurs travaux scientifiques parus ces derniers mois ont montré une mortalité accrue chez les personnes exposées aux particules fines. Selon une étude publiée par l’université Harvard, toute hausse d’un microgramme par mètre cube (µg/m3) de la teneur atmosphérique en PM2,5 entraînerait une mortalité accrue de 8 %. A New Delhi, mardi 13 octobre, l’indice de la qualité de l’air était classé dans la catégorie « très mauvais », avec un taux de concentration de particules fines (PM10) de 300 µg/m3, alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de ne pas dépasser la limite de 50 µg/m3 plus de trois jours par an. La concentration de PM2,5 était de 126,6 µg/m3, soit cinq fois plus que la valeur limite de 25 µg/m3.

La situation dans la capitale indienne – 21 millions d’habitants – est d’autant plus à risque que toutes les restrictions liées au Covid-19 ont été levées, à l’exception de la fermeture des écoles. Le port du masque n’est pas obligatoire dans la rue, et les pauvres ne se protègent souvent que d’un simple foulard. Le nombre total de cas cumulés dans la mégapole est officiellement de 311 000 infections et de près de 6 000 morts.

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