A Minsk, la mort d’un Biélorusse battu par la police de Loukachenko

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Hommage le 12 novembre à Minsk au peintre Roman Bandarenka, battu à mort la veille par les forces de sécurité biélorusses.

Un cri éraillé, repris par des voix puissantes, résonne entre les tours du « quartier du changement », dans la banlieue nord de Minsk. « Les héros ne meurent pas », scande une foule de plusieurs centaines de personnes venue se recueillir dans un froid glacial après l’annonce, quelques heures plus tôt, jeudi 12 novembre, de la mort de Roman Bandarenka, 31 ans. L’homme avait été arrêté la veille après avoir tenté d’empêcher une unité de police du régime d’Alexandre Loukachenko de dégrader les ornements révolutionnaires du quartier résidentiel, réputé dans la capitale biélorusse pour ses concerts.

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Sur les images diffusées sur les réseaux sociaux mercredi soir, le peintre, résident du quartier, est violemment et longuement battu par plusieurs hommes en civil. Une fois arrêté, il est transporté dans un van banalisé, non loin de l’aire de jeux, avant d’être emmené au poste de police. Deux heures plus tard, il est évacué dans un hôpital de Minsk, recouvert de vomissures, avec un traumatisme crânien et de nombreuses blessures selon les médecins interrogés par les médias biélorusses Onliner et Tut.by. L’homme, qui ne répondait pas aux sollicitations de l’équipe de soignants, a été plongé dans le coma. Sa famille a annoncé sa mort en début de soirée, vers 20 heures.

« Une enquête interne doit être ouverte »

« Quand il est parti, il était conscient, il bougeait, il répondait, ça allait, il était ok », raconte Hannah, une jeune habituée du quartier qui préfère rester anonyme, venue rendre un dernier hommage au défunt. Un témoignage confirmé dans une vidéo par la sœur de Roman Bandarenka, qui vient corroborer les craintes selon lesquelles l’homme aurait été mortellement frappé dans le van des forces de l’ordre, ou au poste de police.

Rassemblement en hommage au manifestant Roman Bandarenka, le 12 novembre à Minsk.

L’annonce de la mort du jeune homme a provoqué une très vive émotion en Biélorussie, alors que des dizaines de milliers de personnes manifestent pacifiquement chaque semaine depuis le 9 août pour demander le départ d’Alexandre Loukachenko, frauduleusement réélu avec 80,1 % des voix. Si la manifestation hebdomadaire, vivement réprimée dès ses débuts, rassemble de moins en moins de protestataires après plus de trois mois de mobilisation, la mort de Roman Bandarenka pourrait bien donner une nouvelle dynamique au mouvement contre le président au pouvoir depuis vingt-six ans.

L’homme est la sixième victime du régime d’après les chiffres du conseil de coordination de l’opposition. Pour rappel, 18 000 personnes ont été arrêtées et 500 cas de torture dans les prisons ont été relevés depuis le 9 août. « Je demande aux nations du monde libre de soutenir la Biélorussie, a déclaré sur Twitter Svetlana Tsikhanovskaïa, la figure principale de l’opposition, en exil en Lituanie. La liste des sanctions doit être élargie. Une enquête interne doit être ouverte. Les prisonniers politiques, les militants, les journalistes, les travailleurs en grève, les artistes ont besoin de votre solidarité. Notre objectif reste le même, des élections libres et équitables. »

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