A Madrid, un hôpital des pandémies consacré uniquement aux malades du Covid-19

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Des patients atteints du Covid-19, à l’hôpital Isabel-Zendal à Madrid, le 18 janvier.

Vu de la galerie vitrée du premier étage, où se trouvent les bureaux administratifs, l’hôpital Isabel-Zendal a des airs de hangar à malades. C’est un choix délibéré pour cet « hôpital des pandémies », inauguré le 11 décembre 2020 au milieu d’un immense terrain vague du nouveau quartier de Valdebebas, près de l’aéroport de Madrid, entre l’Institut de médecine légale et le centre d’entraînement du Real Madrid.

A l’entrée, aucun malade ni familles de patients : on arrive ici en ambulance, après avoir été transféré d’un des vingt-trois hôpitaux de la région de Madrid, et on repart aussi en ambulance vers son hôpital d’origine. Quant aux visites, elles ne sont pas autorisées.

Car le Zendal – du nom de la première infirmière à s’embarquer dans une expédition internationale à la fin du XVIIIe siècle pour apporter le vaccin de la variole aux territoires d’outre-mer de l’empire espagnol – n’est pas un centre hospitalier comme les autres et n’a pas vocation à l’être : c’est une sorte d’hôpital de campagne « de luxe » entièrement consacré aux cas de Covid-19, et doté par exemple de douze chambres à pression négative – qui empêchent l’air ambiant de s’en échapper.

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Chacun des trois pavillons qui le composent s’étend sur 10 000 m2. Deux de ces vastes espaces modulaires, agencés grâce à des cloisons mobiles, fonctionnent. Le troisième sera mis en service si la virulence de la pandémie l’exige. La hauteur sous plafond est de 12 mètres, et d’immenses cheminées d’extraction purifient l’air quatorze fois par heure, pour baisser au maximum la charge virale. Cependant, le plus frappant est l’alignement des lits, sans l’intimité habituelle des chambres d’hôpital, sans la solitude aussi, souvent dure à supporter pour les malades du Covid-19.

« Manque d’intimité »

Chaque pavillon compte huit modules, séparés par sexe, qui comptent à leur tour 48 lits, rattachés à un poste de contrôle d’infirmerie. Pour les soignants, les avantages de cette configuration sont évidents : « Tout est numérisé, nous avons une vue d’ensemble sur les malades et quand l’un d’eux désature brutalement, comme c’est souvent le cas avec cette maladie, il y a toujours quelqu’un pour nous avertir », souligne Ana Rodriguez, 24 ans, auxiliaire d’infirmerie venue de Jaen, en Andalousie. Par ailleurs, ceux qui sont suffisamment en forme peuvent se promener dans les couloirs, se parler, voire jouer aux échecs sur les tables installées dans deux allées lumineuses.

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