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Sur le dossier iranien, le temps presse pour le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo. A quelques mois de l’élection présidentielle de novembre, la réélection de Donald Trump est loin d’être acquise et son rival, Joe Biden, a annoncé qu’élu, il serait favorable à une position plus conciliante face à Téhéran. L’échéance approchant, l’administration Trump fait tout pour que l’héritage de sa politique iranienne survive au premier mandat du président républicain, afin d’enterrer définitivement l’accord sur le nucléaire iranien, signé en 2015, entre Téhéran et les grandes puissances.
Donald Trump l’avait quitté en 2017 et privé de fait de sa substance. Mais Européens, Russes et Chinois se sont attachés à en conserver la coquille vide et M. Biden, s’il est élu, pourrait le sauver. Il paraît donc prioritaire pour l’administration Trump de lui ôter toute chance de survie. La route qui mène à cet objectif diplomatique urgent pour Washington est cependant tortueuse. Elle passe par le Conseil de sécurité des Nations unies, une institution dont la diplomatie américaine se montre désormais prête à forcer les mécanismes subtils pour arriver à ses fins, quitte à la plonger dans une crise grave.
Un plan de bataille en deux temps
Au cœur de l’été, la première phase d’un plan de bataille en deux temps vient d’être enclenchée à New York, avec la mise en avant, mardi 11 août, d’un projet de résolution américain visant à prolonger l’embargo sur les armes visant Téhéran. Selon les termes de l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien, cet embargo doit en effet arriver à terme le 18 octobre, une perspective que Washington juge inacceptable. Les Etats-Unis veulent une extension illimitée de l’embargo. Bien que le texte offert à l’attention des autres membres du Conseil de sécurité soit plus modéré qu’une version antérieure, il n’a pourtant aucune chance d’être soutenu par la Chine et la Russie, membres permanents, qui entendent pouvoir vendre des armes à Téhéran dans un avenir proche.
Piégés dans un entre-deux impossible à tenir, les Européens tentent, de leur côté, selon des observateurs proches du dossier, de construire un projet de résolution alternatif, limitatif pour l’Iran et dont l’ambition serait de créer le consensus entre Américains, Russes et Chinois.
La perspective de cette solution miracle paraît cependant d’autant plus illusoire que les vrais enjeux de la bataille diplomatique, faite de postures et faux-semblants, sont ailleurs. Washington sait en effet pertinemment qu’aucun de ses projets de résolution sur l’embargo n’a la moindre chance d’être adopté. La diplomatie américaine espère que le texte actuel lui permettra de paraître moins isolé et d’obtenir neuf votes favorables sur les quinze membres du Conseil. Cela contraindrait la Chine et la Russie à opposer leur veto. Mais ces votes sont loin d’être acquis, selon une source proche du dossier à New York, et le projet de résolution, dont on ignore quand il sera mis au vote, pourrait être rejeté cette semaine sans même que Moscou et Pékin ne doivent hausser le ton.
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