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Emmanuelle Coulon, 28 ans, est établie en tant que consultante en digital marketing à Hongkong, où elle réside depuis plus d’un an. Cette croqueuse de chocolat avait d’abord posé ses valises à Singapour début 2016. « Encore sonnée par l’humidité étouffante, je dévisage cette ville où il me reste tout à construire, explique-t-elle sur son blog. Un nouveau départ professionnel, un nouveau cercle d’amis, un nouveau mode de vie. » Et surtout de nombreux kopi luwak (café récolté dans les excréments d’une civette asiatique) partagés avec ses semblables, des expatriés qui ont choisi de « tout plaquer pour recommencer au bout du monde ».
De ces échanges est né le bien-nommé podcast « En éclaireur » (En-eclaireur.com) qui, à raison de deux rendez-vous mensuels et de cafés toujours plus nombreux, se fait le relais des récits de ces « aventuriers modernes, des insiders », comme les présente Emmanuelle. Son objectif ? Etre le porte-voix de ces expériences inspirantes et permettre ainsi à d’autres de mettre à leur tour les voiles. Au 1er janvier 2020, 2,5 millions de Français vivaient à l’étranger, selon les dernières données fournies par le ministère des affaires étrangères.
En Laponie entourée de chiens de traîneau
« C’est la ville où tu peux être qui tu veux, c’est la ville des possibles », explique Fanny au micro d’Emmanuelle. Arrivée à Hongkong en 2011, cette développeuse Web a monté sa propre boîte pour soutenir le mouvement « zéro déchet » dans une ville a priori hermétique à la cause écologique. Culot et prise de risque sont les clés de voûte de son parcours. « Les six premiers mois ont été plutôt difficiles, reconnaît-elle tout en soulignant combien il est aisé de dégoter un logement ou de monter son business. Mais venez et mettez-vous la barre très haut ! »
C’est ce qu’a fait Stéphanie, expatriée dans l’âme depuis l’adolescence, qui a tout lâché pour vivre en Laponie suédoise entourée de chiens de traîneau. « Quand on fait un bond si radical entre la vie de bureau et un espace sauvage, ça fait un peu flipper au départ, on se demande si on a fait une erreur. Là, je savais à 100 % qu’il fallait y aller. » Florence en Arabie saoudite, Margaux à Bali, Anne à Lisbonne, mais aussi Pierre à Singapour et Chiara, qui s’est, elle, installée à Paris, donnent des ailes à ceux qui rêvent d’ailleurs.
Un hors série sur le coronavirus
Un rêve qui, ces dernières semaines, pour Matthieu à Shanghaï, Jeanne à Hongkong et Charlotte à Singapour, est malmené par le coronavirus. Dans son dernier épisode, un « hors série » réalisé fin février par téléphone, Emmanuelle a recueilli leurs témoignages « là où la crise est la plus grave ».
« C’est extrêmement structuré. Tout le monde porte un masque », assure Jeanne, qui regrette la paranoïa qui est entrée « à juste titre ! » à Hongkong et dénonce les pénuries dans une ville au point mort. « Est-ce que la vie va repartir normalement ? », s’interroge Charlotte, inscrite à une chaîne Whatsapp gouvernementale pour rester informée de l’évolution de l’épidémie. Tous trois attestent du confinement, des contraintes pour faire ses courses ou se faire livrer, du télétravail quasi généralisé, des privations aussi et « des scènes d’apocalypse ». « On vit vraiment semaine après semaine, difficile de se projeter pour l’instant », reconnaît Matthieu, tandis que Jeanne souligne combien « l’année du rat n’est pas une bonne année ! ».
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