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Depuis la destruction du camp de Moria par le feu, début septembre, les conditions d’accueil des réfugiés sur l’île grecque de Lesbos suscitent confusion et tensions.
Dernier sujet de polémique en date : l’annonce de la fermeture de deux structures d’ici à la fin du mois, révélatrice de la volonté des autorités de profiter de la catastrophe − qui a laissé 13 000 migrants sans abri − afin de restreindre les conditions d’hébergement locales, dans l’espoir de décourager les arrivées.
Principale victime de ce nouveau tour de vis, le centre Pikpa. Cette ancienne colonie de vacances abandonnée, à 7 kilomètres de Mytilène, la capitale de l’île, a accueilli plus de 30 000 réfugiés depuis 2012, essentiellement des femmes seules avec enfants, des personnes à mobilité réduite, des membres de la communauté LGBT, des mineurs non accompagnés.
« Nous avons appris de manière brutale, via un article dans la presse locale, la décision de fermer Pikpa le 15 octobre, relève Quentin Brzustowski, membre de Lesvos Solidarity qui gère ce premier site avec d’autres ONG. Les hôteliers et les habitants des environs, qui protestent depuis plusieurs années, ont finalement eu gain de cause… Mais aucune solution viable n’est proposée pour ces réfugiés qui demandent des soins particuliers. »
« Accueillir les plus vulnérables »
Actuellement, près de 100 demandeurs d’asile, dont vingt et un mineurs non accompagnés, sont hébergés à Pikpa. Un soutien psychosocial, médical et légal leur est offert. Les enfants ont accès à l’éducation et à diverses activités. « A Moria, où j’ai vécu pendant sept mois, je ne me sentais pas en sécurité. J’ai été plusieurs fois agressé à cause de mon orientation sexuelle, raconte Sharam, un demandeur d’asile iranien. Au centre de Pikpa, j’ai retrouvé un lieu sûr pour me reconstruire, je ne veux pas retourner dans un camp où les bagarres sont quotidiennes et où l’hygiène est déplorable. »
A 10 kilomètres du havre de Pikpa, le camp municipal de Karatepe, qui accueille 1 200 migrants, uniquement des familles, dans des conditions sanitaires correctes, doit lui aussi être démantelé d’ici à la fin octobre, au grand dam des ONG. Grecques comme internationales, 160 d’entre elles ont écrit au ministre de l’immigration, Notis Mitarachi, pour lui demander de revenir sur ces décisions : « Il est important d’avoir des camps comme Pikpa et Karatepe pour accueillir les plus vulnérables, notamment les personnes handicapées qui, par exemple, dans le nouveau camp, ne peuvent pas avoir accès aux toilettes. »
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