« A force de jongler avec les taxes, Donald Trump risque de se prendre les pieds dedans »

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Le président des Etats-Unis, Donald Trump, dans le bureau Ovale, à Washington, le 11 octobre.
Le président des Etats-Unis, Donald Trump, dans le bureau Ovale, à Washington, le 11 octobre. Yuri Gripas / REUTERS

Dans les cirques américains, on les appelle les one trick ponies, ces petits chevaux qui n’ont été entraînés que pour un seul tour, ne savent pas en faire d’autres et finissent à la longue par lasser le public. L’expression est devenue courante pour désigner celui dont le répertoire de talents est limité. Donald Trump est un peu le one trick pony du cirque mondial.

A chaque problème, il ­dégaine sa taxe douanière. Trop de voitures allemandes dans les rues, de marchandises chinoises dans les magasins, de vins français sur les tables… Les Etats-Unis d’Amérique étant le premier importateur au monde, l’outil est effectivement puissant pour ­réguler le commerce mondial. Mais, à force de jongler avec les taxes pour régler des questions politiques, on risque de se prendre les pieds dedans.

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Petite illustration : Donald Trump veut casser les reins de la Chine, accusée d’avoir fait disparaître les usines américaines. Il impose donc depuis deux ans des séries de taxes sur l’ensemble des activités menacées qu’il voudrait voir revenir au pays. Il a commencé par l’acier (taxé à 25 %) et l’aluminium (10 %) et entend terminer ce mois de décembre par les produits électroniques, son premier poste d’importation en valeur. Comme tous les pays ne se valent pas, il accorde des exemptions. En pleine crise économique, le Brésil et l’Argentine en sont exonérés.

Paradoxe suprême

Les Chinois rétorquent en taxant les importations agricoles, notamment le soja américain. En conséquence, les acheteurs chinois se reportent logiquement vers des producteurs non taxés, et en l’occurrence le Brésil et l’Argentine, deux très gros exportateurs agricoles mondiaux. Face à la détresse de ses paysans, Donald Trump ressort donc son arme douanière en décrétant, lundi 2 décembre, que ses deux voisins du continent américain seraient imposés comme les autres sur l’acier et l’aluminium. Officiellement, ils sont accusés de dévaluer leur monnaie pour rendre leurs exportations encore plus avantageuses. En fait, le cours de leur devise reflète surtout leur situation politico-économique particulièrement instable.

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Emotion sur les marchés mondiaux avec cette nouvelle escalade, qui se double d’une offensive ciblée contre la France, auteure d’une taxe unilatérale visant les géants du numérique (Google, Apple, Facebook et ­Amazon). Mais l’offensive menée par Donald Trump ne soulagera aucunement les exploitants agricoles américains.

Elle précipitera un peu plus le Brésil et l’Argentine dans les bras de la Chine et, paradoxe suprême, n’aidera pas les sidérurgistes américains. Au troisième trimestre de cette année, le numéro un américain, US Steel, est retombé dans le rouge, a annoncé de nouveaux licenciements et l’arrêt d’installations, notamment du fait des difficultés de l’industrie automobile. Le one trick pony de la Maison Blanche est en train de fatiguer son public à force de se créer sans cesse de nouveaux ennemis.

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