A El Paso, ville calme et bien tenue, les hôpitaux débordent de malades du Covid-19

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La palissade séparant le Nouveau Mexique du Mexique à Sunland Park a été érigé par une compagnie privée sur une propriété privée, et a été financé par des fonds privés. La communauté à faible revenu de Sunland Park est située entre le Texas et la frontière mexicaine, et est essentiellement composée de résidents d'origine mexicaine. Sunland Park, Nouveau Mexique. Le 10 novembre 2020. ©Benjamin Petit / Dysturb pour le Monde

BENJAMIN PETIT POUR « LE MONDE »

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Publié aujourd’hui à 19h48

L’intense anxiété soulevée par les résultats de l’élection présidentielle à peine apaisée, il a bien fallu revenir à l’autre grand sujet d’angoisse du moment, aux Etats-Unis comme ailleurs : la pandémie de Covid-19 fait des ravages dans le pays, où l’on comptait 241 460 décès au mercredi 11 novembre. L’endroit qui occupe les esprits et concentre les peurs se situe dans l’ouest du Texas, en bordure du Mexique, juste en face d’une cité mexicaine très atteinte elle aussi, Ciudad Juarez. El Paso, 682 000 habitants dont au moins 80 % de Latinos, est une ville moderne, où de nombreux Californiens se sont installés ces dernières années, en lisière du désert et le long du Rio Grande.

Une agglomération plutôt calme et bien tenue, où les hôpitaux débordent aujourd’hui de malades et où l’on fait venir, en catastrophe, des équipes médicales des villes voisines, mais aussi des morgues mobiles pour accueillir les corps des patients décédés, bien trop nombreux pour les capacités funéraires locales. En l’espace de quelques jours, El Paso s’est transformée en cluster géant, avec 863 nouveaux cas et 14 morts pour la seule journée de mercredi. Mille quatre-vingt-onze patients étaient hospitalisés, dont 279 en soins intensifs et 205 en réanimation. D’après les estimations des autorités, près de 30 000 personnes seraient porteuses du virus et 51 % des hospitalisations seraient liées au coronavirus. Triste record, le Texas est devenu le premier Etat américain à dépasser le million de cas de Covid-19.

Un centre de tests du Covid-19 en voiture situé dans le parc Ascarate à El Paso, le 11 novembre. Il est ouvert de 9 heures à 16 heures tous les jours pour faire face à la montée du nombre de cas à El Paso, Texas.

Comme souvent, la politique s’est très vite mêlée des affaires sanitaires. Dès le 30 octobre, Ricardo Samaniego, magistrat du comté d’El Paso, a tenté d’imposer un confinement, mais il s’est heurté à la résistance de l’establishment républicain, dans cet Etat remporté par Donald Trump lors de l’élection présidentielle. Le gouverneur du Texas, Greg Abbott, d’abord, vent debout contre cette mesure « illégale et nuisible », soutenant que les habitants avaient déjà trop souffert pendant la première phase de la pandémie.

Lire aussi Covid-19 : face au regain de la pandémie, le Texas et la Floride imposent de nouvelles restrictions

Le maire d’El Paso, Dee Margo, ensuite, affirmant que la décision du juge risquait de plonger sa ville dans une situation catastrophique. Le procureur général du Texas, enfin, Ken Paxton, se jetant dans la bagarre pour faire pencher la balance en faveur d’une ouverture des boutiques. Peine perdue. Le magistrat n’ayant pas lâché, la mesure est finalement entrée en vigueur après plusieurs jours de flottement. Elle oblige tous les commerces non essentiels à fermer leurs portes jusqu’au 1er décembre.

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