A Bruxelles, la Porte d’Ulysse, escale pour migrants en transit

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Au centre d’hébergement  « La Porte d'Ulysse » à Haren, près de Buxelles, en février 2018.
Au centre d’hébergement  « La Porte d’Ulysse » à Haren, près de Buxelles, en février 2018. LAURIE DIEFFEMBACQ / BELGA/AFP

Pour lui, la Belgique n’est qu’une étape. Ahmed, jeune Syrien de 23 ans, s’étire sur le canapé élimé de la Porte d’Ulysse, un centre d’hébergement d’urgence spécialisé dans l’accueil des migrants « en transit », situé au nord-est de Bruxelles. Cela fait bien longtemps qu’il a quitté son pays. « Peut-être quatre ans », estime-t-il, les yeux dans le vague. Longtemps bloqué en Turquie avec sa femme et ses enfants, Ahmed a décidé, en septembre dernier, de partir en éclaireur vers l’Europe, avec un seul objectif en tête : gagner le Royaume-uni.

Depuis, l’exilé syrien erre entre Dunkerque, Calais, Bruxelles et les autoroutes de Wallonie, dans l’espoir de se faufiler dans un camion qui traversera la Manche. Il a déjà tenté le passage « une vingtaine de fois ». « La prochaine fois, j’essaierai en bateau », lance-t-il sans trop y croire car la traversée est risquée et difficile : soixante et onze migrants qui tentaient de passer la Manche sur différentes embarcations ont été interceptés et pris en charge, jeudi 26 décembre au petit matin, par les autorités françaises et britanniques.

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La Porte d’Ulysse, Ahmed ne la fréquente qu’occasionnellement, comme un lieu de repli stratégique. « Je reviens ici quand je n’en peux plus de dormir dans des maisons abandonnées à Dunkerque. Ici, c’est plus sécurisé, il fait chaud et il y a un lit. Lorsque c’est complet, je dors dans le parking du Décathlon, juste à côté. » Car ce centre, malgré ses 350 couchages, n’est pas en mesure d’absorber la demande. « Ces jours-ci, environ 950 personnes par nuit ont besoin d’un hébergement », estime Mehdi Kassou, porte-parole de la plate-forme citoyenne initiatrice du projet.

Une bataille entre région et fédéral

A 19 h 30, une foule d’hommes de tous âges attendent en file devant l’entrée de la Porte d’Ulysse. C’est l’heure de l’ouverture. Un par un, les migrants, préenregistrés, entrent calmement dans « le camp » et se saisissent de draps propres. Ils gagnent l’un des six étages du bâtiment et s’installent dans de vastes dortoirs de 75 places. A l’heure du dîner, c’est un va-et-vient permanent qui rythme la vie du centre.

Sous les quelques guirlandes décolorées accrochées au plafond, les migrants semblent apprécier des restes du repas de réveillon. L’atmosphère est plutôt calme. On est ici pour reprendre des forces. Parmi les pensionnaires de la Porte d’Ulysse, 87 % ont comme première intention de se rendre au Royaume-Uni. D’autres voudraient s’extirper du règlement dit de « Dublin », qui les contraint à demander l’asile dans le pays de leur entrée dans l’Union européenne. Un dispositif contesté qui les destine à un transfert, souvent vers l’Italie.

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