A Beyrouth, les responsables étrangers se succèdent pour rencontrer le président libanais, Michel Aoun

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La ministre des armées française, Florence Parly, a été reçue par le président libanais, Michel Aoun, vendredi 14 août à Beyrouth.

Dix jours après le drame qui a fait plus de 171 morts et 6 500 blessés, les autorités libanaises, opposées à une investigation internationale, ont chargé vendredi 14 août un juge local de l’enquête. Un deuxième ressortissant français a été recensé parmi les personnes décédées dans la double explosion.

Depuis l’explosion qui a soufflé des quartiers entiers de Beyrouth, les responsables étrangers se succèdent, signe que le Liban est revenu au centre des luttes d’influence. Le ballet diplomatique se poursuivait vendredi.

Le ministre iranien des affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, dont le pays soutient l’influent Hezbollah, a affirmé que l’aide au Liban « ne devrait pas être conditionnée à un changement politique ». « C’est à l’Etat et au peuple du Liban de décider de l’avenir du Liban », a ajouté M. Zarif, qui a rencontré le président libanais, Michel Aoun.

Les réponses à vos questions : « Les Libanais se sont mobilisés avec force, dès le lendemain de l’explosion, malgré le traumatisme et le sentiment d’insécurité »

Le chef de l’Etat libanais a également reçu la ministre des armées française, Florence Parly, qui a souligné la nécessité de former « le plus rapidement possible un gouvernement de mission », chargé « pour une durée limitée de mener des réformes profondes »

Le numéro trois de la diplomatie américaine, David Hale, a lui aussi rencontré le président Aoun, ainsi que l’ancien premier ministre Saad Hariri, dont le nom est évoqué dans les médias locaux pour diriger le nouveau gouvernement. M. Hale a appelé à la formation d’un gouvernement « qui répond à la volonté de son peuple et s’engage véritablement pour la réforme »

Le responsable américain devait se réunir avec des représentants de la société civile, qui réclame un gouvernement qui ne soit pas issu de la classe politique traditionnelle, pour coordonner l’aide internationale.

Dans le port dévasté, les secouristes continuent de retrouver des victimes de la déflagration. Les aides internationales y affluent également, et Florence Parly a accueilli le porte-hélicoptères Le Tonnerre, qui apporte aide alimentaire et matériaux de construction.

L’enquête à Paris confiée à des juges d’instruction

Face à la colère de la rue, le gouvernement de Hassan Diab a démissionné lundi. La population accuse les dirigeants d’être responsables, par négligence ou corruption, de l’explosion du 4 août. Le drame, provoqué par la présence d’une énorme quantité de nitrate d’ammonium stockée au port, a relancé le mouvement de contestation contre la classe politique déclenché à l’automne 2019.

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Son successeur doit être nommé par le chef de l’Etat, de plus en plus décrié, sur la base de consultations avec les blocs parlementaires représentant les partis politiques traditionnels, qui espèrent toujours revenir au gouvernement. Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, pourrait annoncer sa position dans un discours vendredi soir.

Les autorités libanaises ont nommé le juge Fadi Sawan, dont des sources judiciaires reconnaissent l’indépendance et la probité, pour mener l’enquête sur les causes de l’explosion. Mais ce n’est pas lui qui interrogera plusieurs ministres au sujet du nitrate d’ammonium stocké au port : ils devront comparaître devant une instance spéciale. Jeudi, David Hale a annoncé que la police fédérale américaine (FBI) allait se joindre aux enquêteurs « à l’invitation » des autorités libanaises.

En France, l’enquête qui avait été ouverte par le parquet de Paris – compte tenu de la présence de victimes françaises et notamment de plusieurs dizaines de blessés – a été confiée, mardi, à deux juges d’instruction du pôle accidents collectifs du tribunal, a annoncé le parquet de Paris, confirmant une information de BFM-TV. L’information judiciaire a été ouverte des chefs d’« homicides involontaires » et « blessures involontaires », a-t-il précisé.

Les autorités libanaises rejettent une enquête internationale, réclamée par de nombreuses voix au Liban, notamment les familles des victimes qui ont tenu une conférence de presse vendredi près du lieu du drame.

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Le Monde avec AFP

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