A Auschwitz, la commémoration très politique des 75 ans de la libération du camp d’extermination

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Le président polonais Andrzej Duda et son épouse lors d’une cérémonie d’hommage pour le 75e anniversaire de la libération d’Auschwitz, le 27 janvier.
Le président polonais Andrzej Duda et son épouse lors d’une cérémonie d’hommage pour le 75e anniversaire de la libération d’Auschwitz, le 27 janvier. AGENCJA GAZETA / VIA REUTERS

Auschwitz peut-il être un lieu apolitique, un simple musée tourné vers le passé et muet sur le présent et l’avenir ? Quatre jours après la tenue à Jérusalem d’un Forum mondial de l’Holocauste marqué par les controverses, les commémorations organisées en Pologne, lundi 27 janvier, sur le site même du camp d’extermination nazi à l’occasion du 75e anniversaire de sa libération n’échappent pas davantage aux accusations de politisation, malgré une forme et un contenu différents.

Maître des cérémonies et rare institution du paysage culturel polonais à bénéficier d’un consensus transpartisan, le Musée d’Etat d’Auschwitz-Birkenau s’était pourtant efforcé de mettre les survivants, derniers témoins directs de la Shoah et presque tous âgés de plus de 80 ans, au centre de l’attention. Le directeur de l’institution, Piotr Cywinski, en avait d’ailleurs fait un élément de différentiation vis-à-vis des organisateurs du Forum de Jérusalem, auxquels il reproche « d’essayer depuis des années de créer un événement commémoratif alternatif ». A Auschwitz, promettait-il, les principaux invités et orateurs seraient les rescapés, et « non les politiques, les têtes couronnées et les chefs de gouvernement ». Cela n’a pas empêché les discours des uns et des autres d’être très chargés politiquement.

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Représentant du pays hôte et seul dirigeant politique à avoir pris la parole, le président polonais Andrzej Duda a certes commencé par adresser ses premières salutations aux « survivants, témoins de l’Holocauste ». Plutôt que de répondre directement aux attaques de son homologue russe Vladimir Poutine, qui a plusieurs fois depuis décembre 2019 mis en cause l’antisémitisme et la responsabilité de la Pologne dans le déclenchement de la seconde guerre mondiale, il s’en est tenu à une lecture « standard » de l’histoire, quoique pas unanimement acceptée par ses concitoyens.

« Le plus terrible des crimes dans l’histoire de l’humanité »

Andrzej Duda a ainsi reconnu que les prisonniers d’Auschwitz avaient été « libérés par les soldats de l’Armée rouge » et que « l’Holocauste était un crime exceptionnel, le plus terrible des crimes dans l’histoire de l’humanité ». Il a également souligné que parmi les 1,3 million de victimes d’Auschwitz, « il y avait des Polonais, des Roms, des prisonniers de guerre soviétiques, mais surtout des juifs ». Or, d’après des sondages, une importante proportion de Polonais continue de croire, conformément à l’enseignement de l’époque communiste, que ce sont les Polonais « non juifs » qui ont perdu le plus de vies à Auschwitz.

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