« La guerre fait rage à l’approche d’une décision de Bruxelles sur les technologies labellisées “vertes” »

0
60

[ad_1]

L’eau est pompée dans un nouveau réservoir pour refroidir les réacteurs de la centrale nucléaire de Paluel (Seine-Maritime), le 20 janvier.

Le mot est barbare, bien dans le style du sabir bruxellois : « taxonomie ». Il désigne la classification des activités économiques en fonction de leur empreinte écologique. Depuis des mois, une question divise l’Union européenne (UE) et nourrit la colère des écologistes : le nucléaire peut-il être considéré comme un investissement durable, au même titre que les énergies renouvelables ? Lobby contre lobby, Verts contre nucléocrates, la guerre fait rage à la veille de la publication, mercredi 21 avril, d’une première liste de technologies labellisées « vertes » par la Commission.

Deux lectures les opposent. Si l’on intègre l’usage de l’eau par les centrales et surtout les déchets radioactifs, le nucléaire doit être exclu, défendent les écologistes ; si l’on s’en tient au seul objectif de lutte pour le climat, il devient légitime puisqu’il n’émet que 12 grammes de CO2/Kwh sur son cycle de vie, le meilleur bilan carbone de toutes les énergies. « Les analyses n’ont pas révélé la moindre preuve scientifique qu’[elle] fasse plus de mal à la santé humaine ou à l’environnement que d’autres technologies de production d’électricité », vient de conclure un rapport d’experts de la Commission favorables à l’atome – et donc « biaisé », dénonce Greenpeace.

Bruxelles procrastine

Le dossier est monté jusqu’au sommet de l’Etat. Dans une lettre adressée mi-mars à la présidente de la Commission et cosignée par six chefs de gouvernement (Pologne, Hongrie…), Emmanuel Macron réclame à Ursula von der Leyen « des règles du jeu équitables pour l’énergie nucléaire, sans l’exclure des politiques et des avantages climatiques et énergétiques ». N’est-ce pas, par exemple, un moyen de produire de l’hydrogène décarboné en masse ? Paris voit plus loin : la reconnaissance de ces investissements vertueux pourrait entraîner un assouplissement en leur faveur des règles sur les aides d’Etat, voire sur la dette publique.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Pourquoi le nucléaire va s’inviter dans la campagne présidentielle de 2022

Le sujet est politiquement si sensible que Bruxelles procrastine. L’espoir des pro-nucléaires d’obtenir un label vert dès cette année s’éloigne. La Commission vient de renoncer à la voie réglementaire de l’acte délégué pour porter l’affaire au niveau politique et s’en remettre à une codécision du Conseil et du Parlement, selon le média en ligne Contexte. Mme von der Leyen veut favoriser un « débat transparent » dans l’UE, où la politique énergétique reste de la compétence des Etats membres. Ils sont partagés entre « pro », emmenés par la France, et « anti », guidés par l’Allemagne, qui a renoncé à cette énergie il y a dix ans, comme l’Italie.

Il vous reste 57.34% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

[ad_2]

Source link

Have something to say? Leave a comment: