[ad_1]
Touchée mais pas coulée. Les frasques de l’ancien monarque Juan Carlos, qui a annoncé lundi 3 août qu’il quittait l’Espagne, ont singulièrement compliqué la tâche de son fils, le roi Felipe VI. Mais, s’il est vrai qu’une partie de l’opinion publique espagnole flirte avec l’idée d’une république, la couronne semble pour l’instant indéboulonnable.
Juan Carlos « se devait de partir, son poids politique et symbolique pesait trop sur la gestion de son fils » estime le journaliste José Antonio Zarzalejos, grand connaisseur des rouages de la monarchie, qui en mars dernier, dans le quotidien numérique conservateur El Confidencial, suggérait déjà que l’ex-souverain devait « s’auto-exiler ».
Allégations d’une ex-maîtresse
Sa sortie, ajoute-t-il, « se préparait depuis longtemps ». Plusieurs scénarios ont été envisagés. Juan Carlos aurait pu quitter Madrid mais rester en Espagne. « Finalement, partir à l’étranger était plus simple pour l’éloigner de la tempête médiatique », un départ, affirme le journaliste, « sans retour en arrière ».
Aucune enquête ne vise à ce jour Juan Carlos mais les procureurs suisses et espagnols se penchent sur sa fortune à la suite des allégations d’une ancienne maîtresse, Corinna Larsen, qui l’aurait aidé à cacher des millions d’euros, « cadeau » de la monarchie saoudienne. Le parquet du tribunal suprême de Madrid doit décider s’il y a eu « délit de corruption dans les transactions internationales » de celui qui a occupé le trône d’Espagne pendant un peu plus de 38 ans.
La crise était inévitable, affirme Lluis Oriols, professeur de sciences politiques à l’université Carlos III de Madrid, « car la monarchie est moins bien équipée que les gouvernements ou les partis politiques pour gérer les scandales. Il n’y a pas d’instruments, notamment celui des urnes, pour faire sauter les responsables ».
Triple crise de légitimité
Pour le politologue, la couronne espagnole est confrontée à une triple crise de légitimité : « auprès de jeunes, en particulier des jeunes de gauche qui ne se reconnaissent par du tout dans la figure du roi » ; dans les régions les plus nationalistes, notamment en Catalogne et dans le Pays basque, « alors qu’elle reste populaire en Castille, en Estrémadure ou dans les Baléares » ; enfin, sur le plan politique « elle ne compte majoritairement que sur le soutien de la droite ».
Le départ de Juan Carlos « n’a en fait rien changé au débat » sur le futur de la monarchie, estime au contraire José Luis Ayllon, analyste de l’agence de consulting politique LLorente & Cuenca : « Ceux qui sont contre la couronne le restent, ceux qui sont pour, aussi. »
Il vous reste 58.13% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
[ad_2]
Source link
Have something to say? Leave a comment:
