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Après avoir été pendant près de trois mois le premier ministre des ratés et des mauvaises nouvelles, Boris Johnson espère enfin redevenir celui des bonnes nouvelles. Et clore un épisode à la fois dramatique pour les Britanniques (43 000 morts officielles dues au coronavirus) et désastreux pour sa popularité. Mardi 23 juin, il a annoncé la levée quasi totale du confinement en Angleterre.
Les pubs, restaurants, hôtels, salons de coiffure, bibliothèques, musées ou théâtres pourront rouvrir le 4 juillet, à condition de mettre en place des mesures sanitaires spécifiques. Seuls les night-clubs ou les bars à ongle devront encore attendre un peu. Par ailleurs, la règle des 2 mètres de distanciation physique jusqu’à présent en vigueur, qui interdisait tout retour à la normale dans les écoles, le secteur du tourisme ou du spectacle, va être abandonnée d’ici dix jours au profit de la distance d’un mètre.
« Notre hibernation nationale arrive à son terme, (…) un nouvel optimisme est palpable », s’est félicité M. Johnson depuis la Chambre des communes. « Alléluia ! », a lancé bruyamment un député sur les bancs conservateurs – des encouragements devenus rares ces dernières semaines dans la fameuse salle des débats, encore aux trois quarts vide. Même Keir Starmer, le leader du Parti travailliste, a dit « globalement soutenir » les annonces de M. Johnson, reconnaissant que « le gouvernement cherche à bien faire », même s’il a ajouté que son parti allait « regarder dans les détails » les mesures annoncées.
Un confinement plus long qu’ailleurs en Europe
Ces dernières étaient ardemment réclamées par les milieux économiques, affolés par la perspective d’une récession historique à l’automne, en raison d’un confinement plus long qu’ailleurs en Europe. Très décriées par le secteur aérien et du tourisme, les mesures de quarantaine à l’entrée du pays, mises en place le 8 juin, devraient en revanche demeurer mais Downing Street assure négocier des « ponts aériens » avec les principales destinations de vacances des Britanniques – France, Espagne, Italie, Grèce et Portugal.
« Le retour des libertés », titrait le très à droite Daily Telegraph mardi après midi : l’échéance du 4 juillet a aussi été saluée par l’aile dure du camp conservateur, qui dénonçait le principe des 2 mètres et continue à pester contre la quarantaine. Car ces dernières semaines, des voix se sont élevées dans son propre camp contre un premier ministre jugé trop timoré. Certains tories sont allés plus loin, critiquant le manque de vision de leur dirigeant et s’interrogeant même sur ses compétences.
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